La sociale de Gilles Perret

Film documentaire de 2016 de Gilles Perret

Synopsis (AlloCiné) : En racontant l’étonnante histoire de la Sécu, La Sociale rend justice à ses héros oubliés, mais aussi à une utopie toujours en marche, et dont bénéficient 66 millions de Français.

Il y a 70 ans la sécurité sociale est créée grâce à un mouvement ouvrier et à Ambroise Croizat, alors Ministre du travail communiste sous le gouvernement De Gaulle. Ce documentaire retrace toute l’histoire de cette construction de 1946 à nos jours (et l’histoire de cet homme oublié dans la première partie du documentaire). On y croise Jolfred Frégonara, 96 ans, militant CGT, chargé de la mise en place des caisses de sécurité sociale en 1946 en Haute-Savoie qui nous interpelle sur l’importance de préserver cette institution et on y croise aussi des historiens, sociologues, économistes.
C’est un très beau travail de mémoire qui permet d’éclairer les plus jeunes (et les moins jeunes) sur ce que la Sécu apporte à tous et nous rappelle que ce n’est pas seulement un « trou budgétaire ». Il donne beaucoup de clés pour la compréhension de cette évolution sociale. En tout cas, j’ai énormément appris à travers ce documentaire et je me sens plus autorisée à porter certains juments négatifs ou positifs sur le sujet et il me conforte dans l’idée qu’il faut la défendre. Objectif atteint donc !

 

Pour en savoir plus sur le documentaire : http://www.lasociale.fr

 

 

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Classé dans Cinéma, Documentaires adultes

Annabel de Kathleen Winter

4ème de couv. : En 1968 au Canada, un enfant voit le jour dans un village reculé de la région du Labrador. Ni garçon ni fille, il est les deux à la fois – l’enfant naît hermaphrodite. Seules trois personnes partagent ce secret : les parents de l’enfant et Thomasina, une voisine de confiance. Ses parents le prénomment Wayne, mais Thomasina l’appelle secrètement Annabel avant de partir poursuivre une formation en Europe. Son père prend la difficile décision de faire opérer l’enfant et de l’élever comme un garçon, prénommé Wayne. Mais tandis que ce dernier grandit, son moi caché – une fille appelée Annabel – ne disparaît jamais complètement. Wayne rêve de faire de la natation synchronisée, de porter un maillot de bain pailleté que sa mère va finir par lui acheter sans rien dire au père. jusqu’au jour où le secret de son corps lui est dévoilé à l’hôpital. Wayne décidera donc de quitter son village pour aller travailler en ville sur des chantiers. Pourtant, il devra apprendre qu’il ne doit pas confier son secret à personne.

Kathleen Winter, née en 1960, a écrit des textes pour la télévision. Elle est l’auteur d’un recueil de nouvelles, Boys (2007). Annabel a été finaliste pour plusieurs prix prestigieux, dont le Giller Prize, le Prix du Gouverneur général et le prix Orange. Kathleen Winter vit à Montréal avec son mari.

 

Télérama commence la critique de ce livre par ces quelques phrases : « On a tous un roman un peu rare, un peu bizarre, totalement à part, qu’on offre à ceux qui semblent le mériter. Un livre cher qu’on partage avec les personnes dignes de confiance, qui auront interdiction d’exprimer la moindre déception sous peine de vous blesser déraisonnablement. Annabel fait partie de ceux-là. Sitôt ouvert, il vous emplit d’une émotion indéfectible, et vous voilà animé de la même dévotion que son héros, Wayne, qui confesse : « Une fois que j’aime une personne, quoi qu’elle fasse, rien ne m’empêchera de l’aimer. ». Je ressors de la lecture de ce livre avec ce même sentiment. Ce roman est enivrant de beauté et de poésie. L’écriture est magnifique, les mots sont justes, tendres malgré une histoire qui pourrait vite tourner au drame et au voyeurisme.  Wayne est né hermaphrodite mais sera élevé sous le sexe masculin, comme en a décidé son père. Wayne ne sait pas ce qu’il est réellement, il sent bien qu’il n’est pas comme les autres, lui qui rêve de natation synchronisée dans de jolies maillots de bain pailletés. Nous assistons à cette quête d’identité qui aurait été différente sans les non-dit et les silences, même sa meilleure amie perd sa voix, elle qui voulait être chanteuse. La vérité fait peur à son père, ce taiseux qui aime la solitude, la nature et qui ne comprend pas les Hommes. Sa mère fait de son mieux, elle qui aurait voulu l’élever comme une fille. Ses parents ainsi que leur amie proche, Thomasina, qui appelle Wayne Annabel quand ils ne sont que tous les deux (prénom de sa fille décédée), sont tous trois bienveillants, aimants, à leur façon. Wayne finit par découvrir ce qu’il est réellement mais pas qui il est. Le chemin est long, semé non pas d’embûches mais de cartes postales, celles de Thomasina qui entreprend un voyage à travers le monde. Toutes ces cartes sont des représentations de ponts. Si il n’est question que d’architecture dans le roman, on comprendra la symbolique : le pont, épreuve initiatique du passage d’un monde vers un autre. La construction de soi. Cette traversée est difficile mais l’amour des proches aussi maladroit soit-il permet d’y arriver malgré tout.

Je remercie Claude qui m’a prêté ce livre, et sans qui je n’aurais peut-être pas découvert cette merveille. J’espère que les membres du groupe « Je me livre à la p@ge » à qui j’ai proposé ce livre en lecture commune ont ressenti ces mêmes belles émotions. Un vrai coup de coeur pour moi.

Annabel de Kathleen Winter aux éditions Christian Bourgeois, 2013 – 453 pages.

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Classé dans Emotions fortes - Coups de coeur, Lire, Littérature Canada

Rencontre avec William Boyle autour du livre « Tout est brisé »

Grâce à #LéaTouchBook et aux #EditionsGallmeister, j’ai eu le plaisir de recevoir courant juillet le dernier roman de William Boyle, « Tout est brisé ». Lu en avant première et chroniqué ici…, j’ai aussi eu le plaisir d’échanger avec l’auteur sur le groupe Picabo River Book club. Si vous souhaitez, vous aussi, lui poser des questions, il sera sur le groupe pendant tout le mois de septembre.

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Voici l’échange que j’ai eu avec lui entre le 07 septembre (date de sortie du livre) et le 9 septembre :

Les ravissements de Valérie : Hello. Very happy to be able to talk to you. The reading of « everything is broken » has stirred me tremendously. I discover your writing with this novel and I am delighted! You will find in my chronicle but in French, sorry. Here is my question: the question of religion is, I think, very present in this story. Are these your own questions about the existence of God, the faith found in this book? (I do not master English very well, this is a google translation, I hope it works well). Thank you. https://lesravissementsdevalerie.wordpress.com/…/tout…/

William Boyle Thank you so much, Valérie! I’m sorry I can’t write in French! (I can read a little–thank you for your thoughtful review.) What a great question. Religion is very present here. One of my favorite writers, Willy Vlautin, always says, « Write about what haunts you. » And growing up Catholic in Brooklyn certainly haunts me. But I don’t ever want it to come across as a one-dimensional disavowal of religion. I just want to portray the struggles of faith and the struggles of lacking faith. In that way, there’s more than a little of me and my own personal experiences with religion in all of these characters. I share their questions and concerns, their doubt, their abilities to be shaken by certain things.

Les ravissements de Valérie : Thank you for your reply. I have another question about Franck’s character. When this character arrived in the novel and in his way of playing the mediators between Jimmy and Erica, I thought of an American series that I saw adolescent « Highway to Heaven » in the years 80-90, you know? . What does this character represent to you? Is it an « angel benefactor » like the character of the T.V. series, even if he himself to the air in suffering? (this is a google translation, I hope the software translates well my thinking). Thank you.

William Boyle Thank you! I never watched it, but it was a favorite of both my mother and my grandmother. I didn’t think of Frank as an angel so much. More a holy goof. An optimist, despite his station in life, who stumbles into the lives of these two pessimists. I actually started out intending Frank to be a con man, but I couldn’t write him that way–I liked him too much.

Les ravissements de Valérie Your grandmother? What an old blow for me! Lol 🙂 Con man, no I did not feel like such … rather an optimist pawn, anti-conformist but generous.

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Classé dans Emotions fortes - Coups de coeur, Lire, Littérature amécaine (U.S.)

Tout est brisé de William Boyle

4ème de couv. : Tout semble brisé dans la vie d’Erica. Seule avec son vieux père tyrannique tout juste sorti de l’hôpital, elle n’a plus de nouvelles de son fils Jimmy, un jeune homme fragile parti errer à travers le pays sans avoir terminé ses études. Mais voilà qu’après un long silence, Jimmy revient à l’improviste, en piteux état. Erica fera tout pour l’aider, décidée à mieux le comprendre et à rattraper le temps perdu. Mais Jimmy se sent trop mal à l’aise face à sa mère, dans ce quartier de Brooklyn hanté par ses souvenirs ; un profond mal de vivre que ni l’alcool ni les rencontres nocturnes ne parviennent à soulager. Erica, elle, ne veut pas baisser les bras…

Erica est une de ses femmes dévouées qui se sacrifient pour les hommes de leur vie :  mari,  père,  fils.
Jimmy, son fils, est un jeune homme d’une vingtaine d’années, paumé, mal dans sa peau, alcoolique, sans le sou, démoli par le rejet de son père et d’une partie de la société en raison de son homosexualité. Mère et fils se sont perdus. Jimmy ne donne plus de nouvelles. Erica vit dans l’espoir de revoir son fils. Un jour, après avoir touché le fond, Jimmy décide de rentrer. Mais il n’en éprouve aucun plaisir et ne pense qu’à repartir. Erica tente en vain de retisser le lien avec lui. Difficile. Eprouvant. Une rencontre va tout changer. Franck, enseignant un peu étrange, va leur servir de médiateur et permettre à ses deux êtres de reprendre contact, doucement, et de se retrouver.

C’est un roman sombre, noir, où les relations intra-familiales ont dû mal à se construire, à se maintenir sans douleur, sans souffrance.

J’ai aussi vu dans cette histoire comme un questionnement autour de l’existence (ou inexistence) de Dieu ou plutôt faut-il croire ou non en Dieu. Erica est très croyante, pratiquante à l’opposé de Jimmy qui la rejette mais qui aimerait pourtant tellement croire en Dieu. Et ce Franck qui arrive là un peu comme un ange descendrait du ciel pour les aider.

Je n’ai pas aimé ce côté « Les routes du paradis » (série américaine des années 80-90) quand le personnage de Franck arrive. Mais j’ai beaucoup aimé le style et l’écriture de William Boyle : l’alternance des personnages donne de la vie à cet univers morbide où tout est chaotique. Il faut attendre les dernières pages pour percevoir quelques notes positives et d’espoir. C’est tout au moins mon ressenti.

C’est un roman fort en émotion, profond. Il m’a touchée, agacée, questionnée, remuée, intéressée, désintéressée… Je suis passée sans cesse du sentiment « j’aime » au sentiment « je n’aime pas » pour finir sur un « Oh que oui, j’aime… à relire ! ». Très curieuse expérience… mais les romans ne sont-ils pas là pour nous bousculer ?

Tout est brisé de William Boyle aux éditions Gallmeister, 2017 – 208 pages

Je remercie Léa Touch Book et les éditions Gallmeister de m’avoir fait découvrir ce roman en avant première…. and thank You, William Boyle, for writting this book !

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Classé dans Lire, Littérature amécaine (U.S.)

Je me livre à la p@ge

Si vous voulez partager votre passion pour la lecture, échanger sur vos coups de coeur ou participer à des lectures communes, n’hésitez pas à nous rejoindre sur le groupe « Je me livre à la p@ge ». Les échanges se font en toute simplicité. A bientôt. https://www.facebook.com/groups/103305383348172

Nos prochaines lectures communes :

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