Les femmes de Heart Spring Mountain de Robin MacArthur

4ème de couv. :Août 2011. L’ouragan Irene s’abat sur le Vermont, laissant derrière lui le chaos et la désolation. Loin de là, à La Nouvelle-Orléans, Vale apprend que sa mère a disparu lors du passage de la tempête. Cela fait longtemps que la jeune femme a tourné le dos à sa famille, mais cette nouvelle ne lui laisse d’autre choix que de rentrer chez elle, à Heart Spring Mountain. Elle y retrouve celles qui ont bercé son enfance : la vieille Hazel qui, seule dans sa ferme, perd la mémoire, et Deb, restée fidèle à ses idéaux hippies. Mais si elle est venue là dans le seul but de retrouver sa mère, c’est aux secrets des générations de femmes qui l’ont précédée que Vale va se confronter, réveillant son attachement féroce à cette terre qu’elle a tant voulu fuir.
Après Le Cœur sauvage, un recueil de nouvelles unanimement salué par la critique et les libraires, Robin MacArthur signe, d’une écriture pure et inspirée par la nature sauvage du Vermont, un émouvant premier roman sur le lien à la terre natale, et offre une réflexion lumineuse sur l’avenir de notre planète.

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Ce roman m’a été envoyé par les éditions Albin Michel dans le cadre d’un partenariat avec le PicaboRiverBookClub (groupe de lectures nord-américaines sur FB).

Robin MacArthur est connue pour son recueil de nouvelles « Le coeur sauvage » publié en 2017 chez le même éditeur. Les femmes de Heart Spring Mountain est son premier roman. Et quel roman !

L’histoire se passe en 2011, dans le Vermont, quelques jours après le passage de l’ouragan Irène. Vale revient à Heart Spring Mountain, après des années d’absence, pour retrouver sa mère, Bonnie, disparue pendant cette catastrophe naturelle. Elle re-découvre sa région natale mais surtout interroge son histoire familiale. Qui sont ces femmes, mères, grand-mères, tantes qu’elle n’a pas forcément connues et qui ont fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui ? D’où vient-elle ? Quels sont ces secrets de famille qui ont pu en détruire certains ? Quelle est l’histoire de cette famille où les hommes (les pères) sont absents ?

Le roman est rythmé par de courts chapitres évoquant chacun un pan de l’histoire familiale à travers les siècles et les évènements de vie des personnages, de l’arrière arrière grand-mère à Vale. Tout fini par se recouper et expliquer la vie des derniers descendants, Vale et son cousin Danny.

En lisant ce roman, je n’ai pu m’empêcher d’établir l’arbre généalogique de cette famille bien complexe. Je ne le montre pas car il enlèverait une partie du suspens 😉

En dehors de la psychogénéalogie et des secrets de famille voir des répétitions de scenarios de vie (lire Anne Ancelin-Schützenberger, Serge Tisseron et Jean Cottraux pour la théorie), c’est aussi un roman écologique. Il appelle à aimer la terre, à la défendre et à la préserver. La nature tient une grand place dans cette fiction. Tout autant que le retour aux sources. J’ai pensé au livre de Jim Harrison « Retour en terre » même si Vale ne revient pas pour mourir mais au contraire pour revivre.

Je n’ai pas envie d’en dire plus ni sur l’histoire ni sur les personnages, je préfère vous laisser découvrir. Comme Vale, au fil des pages vous apprendrez, comprendrez cette famille, cette région, cette terre.

J’ajouterai juste que ce livre est magnifiquement bien écrit, l’écriture est pure, tendre, elle ne juge pas, elle est bienveillante, émouvante, sensible. Voici quelques extraits choisis :

[…] De si jolies maisons, songe Vale. Et à l’intérieur, tellement de substances : oxycodone, chrystal meth, héroïne et fentanyl, qui se frayent un chemin jusqu’à une localité comme celle-ci, une petite ville d’ouvriers et de hippies. Partout où se niche la pauvreté. Là où les emplois sont aussi rares que les possibilités d’aller faire sa vie ailleurs.[…]. Page 57

[…] »Prendre sa vie en main et la vivre à la campagne, avec bon sens, simplicité et bienveillance. »[…]. Page 149

[…] « Des légendes à eux seuls, ces ancêtres ! s’exclame Deb. Des modèles à suivre pour mieux se conduire en ce monde ». Vale hoche la tête et boit une gorgée de tequilla. « Oui mais que se passera-t-il quand on perdra ces légendes ? Quand le fil de l’histoire sera rompu ? ». Elle revoit le visage de Bonnie près de la rivière, serrant contre le sien le corps potelé de Vale, riant. Bonnie, qui n’a jamais eu les cahiers de Léna entre les mains. Jamais vu la photo de Marie. Sa vie aurait-elle été différente, si elle avait su ce que sait Vale aujourd’hui ?[…]. Page 272

Les femmes de Heart Spring Mountain de Robin MacArthur aux éditions Albin Michel (collection Terres d’Amérique), 2019. 349 pages.
Traduit par France Camus-Pichon

Coup de coeur 2019.

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Mon mois Ciné Télé #janvier 2019

Résultat de recherche d'images pour "99 francs"99 francs de Jan Kounen. Avec Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille. 2007. (Film français).

Ce film est complétement déjanté. Vous vivez un bad trip sans consommer de drogue. Octave (Jean Dujardin) travaille dans une agence de publicité et il est doué, très doué. C’est un homme ironique, sans grande conscience. C’est un camé, mais pas un pauvre camé, il a de l’argent, beaucoup d’argent. Sa vie n’est faite que de fête, de drogue et de sexe. Mais est-il heureux ? Ce film, finalement assez violent sous ses airs de comédie, dénonce la société de sur-consommation, le capitalisme publicitaire, la violence d’un monde sans pitié. Je suis vraiment rentrée dedans, il m’a dérangé. Ce film propose aussi deux fins, une heureuse, une autre non, à vous de choisir…
Ce film est une adaptation du livre éponyme de Frédéric Beigbeder.

Résultat de recherche d'images pour "l'échange des princesses"L’échange des princesses de Marc Dugain. Avec Lambert Wilson, Anamaria Vartolomei, Olivier Gourmet. 2017. (Film historique franco-belge).

J’ai adoré cette adaptation du livre de Chantal Thomas. Les acteurs et les actrices et plus particulièrement les enfants qui jouent les rôles de Louis XV et Anna Maria Victoria  sont incroyables.
C’est une période de l’histoire où le sexe féminin n’est que « de la chair à marier » comme le dit Andréa Ferréol (la princesse Palatine) dans l’une de ses répliques. Les femmes, les fillettes ne sont que des objets d’échange pour garantir paix et argent. C’est ainsi que la petite Anna Maria Victoria fille du roi d’Espagne, se retrouve à 4 ans épouse du roi de France, Louis XV, âgé lui de 11 ans. Elle se retrouve seule au royaume de France, avec juste ses poupées, et doit tenir son rôle de reine et de future mère des enfants royaux. Heureusement, la gouvernante qui lui est attribuée, et qui fut celle du roi, lui apporte beaucoup d’amour et de tendresse.
En échange de cette petite princesse, l’instigateur de cette « idée géniale » pour garantir la paix entre la France et l’Espagne, donne sa fille de 12 ans, Louise Elisabeth d’Orléans, au fils du roi d’Espagne. Mais c’est une gamine rebelle, insolente et sans manière, qui débarque au royaume d’Espagne. Le film se concentre donc sur ces deux gamines échangées, sans leur consentement bien sur. Ceci étant les maris ne sont pas tellement plus vieux et n’ont pas eu le choix non plus. Le film est beau, les images magnifiques, les costumes et les décors superbes. J’ai beaucoup beaucoup aimé.

Résultat de recherche d'images pour "black panther"Black Panther de Ryan Coogler. Avec Chadwick Boseman, Mickael B. Jordan, Lupita N’Yongo. 2018. (film américain).

Film de science fiction / fantastique bien sympathique. Il s’agit là de l’adaptation d’une série Marvel de super-héros que je ne connaissais pas. J’y suis allée sans aucune idée précise ni de l’histoire ni du contexte ni des personnages.
Suite à l’explosion d’une météorite et quelques guerres, une région africaine, le Wakanda, devient une nation où cinq tribus s’allient autour d’un chef qui a le pouvoir de « l’herbe coeur ». Cette nation est cachée du reste du monde grâce à je ne sais quoi (désolée là je n’ai pas compris) et est scientifiquement très en avance grâce à un matériau que l’on ne trouve que chez eux « Le Vibranium ». Seul les services secrets américains connaissent l’existence de cette nation mais ne savent rien sur le vibranium et leurs avancés technologiques. Puis arrive un méchant et… Je ne vais pas aller plus loin dans l’histoire, cela n’aurait aucun intérêt. Juste, c’est un très bon moment de cinéma : aventure, suspens, bienveillance, et les gentils gagnent à la fin. 🙂 Je rajouterai que les acteurs sont géniaux et les effets spéciaux plutôt réussis. Détente garantie !

Résultat de recherche d'images pour "envoyé spécial glyphosate"Envoyé spécial du 17 janvier 2019. Glyphosate : comment s’en sortir ?. Magazine proposé par Elise Lucet. 2019 (enquête journalistique).

Ce reportage nous a bien montré que le glyphosate est partout, nous sommes tous contaminés par la nourriture et l’environnement. Mais comment faire pour s’en sortir face aux lobbies, à une certaine économie internationale qui dépend de Mosanto, et à une société capitaliste où tout doit aller vite ? Il faut réapprendre à manger autrement, cuisiner autrement, acheter autrement, cultiver autrement. Pas simple non plus pour ces agriculteurs que l’on a poussé à produire de façon intensive. Pourtant la planète et notre santé en souffrent… Un documentaire très intéressant ne portant pas de jugement, présentant juste des faits, mais quelque peu déprimant. Si vous ne l’avez pas vu, vous pouvez le regarder sur Youtube, il est en accès libre.

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La grande librairie du 16 janvier 2019. Avec Eric Emmanuel Schmitt, Muriel Barbery, Nan Aurousseau, Antoine Volodine, Hélène Frappat. Animée par François Busnel. 2019 (émission littéraire)

Un rendez-vous hebdomadaire que je délaisse en ce moment faute de temps. A cette émission, E.E. Schmitt est venu parler d’un énième opus de son « cycle de l’invisible », rien de nouveau, il est plaisant à écouter et même si certains de ses livres m’ont touchée, je ne suis pas une grande fan de ses romans, une impression à chaque publication d’un déjà lu. Il reste un auteur bienveillant et sympathique. A dire vrai, je préfère son théâtre. Muriel Barbery, que je n’ai pas lu depuis l’élégance du hérisson (que j’ai adoré), a présenté « Un étrange pays », roman fantastique à la française. Je l’ai ajouté à ma LAL ainsi que le roman de Nan Aurousseau, « Les amochés ». J’ai découvert cet auteur lors de cette émission et j’avoue que rien que de l’entendre dire « j’ai appelé mon personnage Abdel pour emmerder Zemmour » me l’a rendu très sympathique. Reste à découvrir son écriture. Hélène Frappat m’a elle aussi séduite en parlant de son roman « Le dernier fleuve ». Seul Antoine Volodine ne m’a pas convaincue, après je ne connais pas son écriture. Et vous, vous connaissez ces romans ?

Résultat de recherche d'images pour "ballerina affiche film"Ballerina de Eric Summer et Eric Warin. Avec les voix de Camille Cottin, Malik Benthalla. 2016 (film d’animation)

Un joli film d’animation pour enfants. C’est l’histoire de Félicie, une jeune bretonne orpheline qui rêve d’être danseuse étoile. Elle s’enfuit de l’orphelinat avec son ami Victor et, tous deux, montent à Paris pour vivre leurs rêves. Victor se fait embaucher par Gustave Eiffel (le film se déroule en 1880). Félicie, elle, est recueillie par la femme de ménage de l’Opéra de Paris. Elle en profite pour voler l’identité de la fille de la propriétaire des lieux et se présente à l’école de danse pour obtenir un rôle dans le ballet « Casse-Noisette ». Bien sur, au bout d’un certain temps elle est démasquée. Bon, je ne vais pas vous raconter tout le film mais juste vous dire qu’il vaut vraiment le détour.  Une très belle histoire où un rêve peut devenir réalité à force de travail, de dépassement de soi et de l’apprentissage de ses erreurs. Rien n’est facile mais tout est possible !

Image associéeMonsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos. Avec Nicolas Bedos, Doria Tillier. 2017 (film français).

J’ai regardé ce film vraiment par hasard. Le sujet me plaisait bien et j’avoue que j’ai un petit faible pour Nicolas Bedos, en dehors du fait que c’est vraiment un beau gosse Smiley Timide - U+263A, j’aime son impertinence. Ce film raconte l’histoire d’un couple qui n’aurait rien pu faire l’un sans l’autre mais surtout l’histoire d’une femme qui est restée dans l’ombre et sans qui cet homme ne serait rien. Une femme qui s’est sacrifiée pour la gloire de son mari, mais s’est-elle vraiment sacrifiée ?
Le film débute le jour de l’enterrement de Monsieur Adelman (Nicolas Bedos), un grand écrivain récompensé par un Goncourt. Un journaliste demande alors à Madame Adelman (Doria Tillier) si elle veut bien raconter la vie de son mari, il souhaite écrire une biographie. Madame Adelman se livre sans tabou et raconte 45 ans de vie commune avec ses hauts et ses bas, du jour de leur rencontre au jour du décès de son mari… révélant bien des secrets.
Même si la presse n’a pas été unanime sur ce film, moi, j’ai beaucoup aimé. Les acteurs sont formidables et plus particulièrement Doria Tillier, qui je crois a obtenu un prix pour son interprétation. Un bon moment de cinéma.

Résultat de recherche d'images pour "moderato cantabile film"Moderato cantabile de Peter Brooks. Avec Jeanne Moreau, Jean-Paul Belmondo. 1960 (film français)

Ce film en noir et blanc est une adaptation du roman de Marguerite Duras. Celles et ceux qui me connaissent savent que je suis une grande fan de Marguerite Duras, je ne pouvais donc que voir ce film (et non, je ne l’avais pas encore vu). Il faut savoir qu’elle a participé à l’écriture du scenario, son univers littéraire est vraiment bien retranscrit dans ce film. Moderato Cantabile est l’histoire d’une femme (Jeanne Moreau), épouse du riche industriel du village, qui s’ennuie à en mourir. Pendant le cours de piano de son fils, une jeune femme est assassinée dans le bistrot du coin. C’est en essayant de savoir ce qui a bien pu se passer qu’elle rencontre un homme (Jean-Paul Belmondo) dont elle tombe passionnément amoureuse.  Elle en souffre et boit plus que de raison. Au rythme des verres de vin et des leçons de piano, le spectateur assiste à l’auto-destruction d’une femme malheureuse, qui n’a aucune maîtrise de sa vie et de son destin. Son mari décide pour elle. La société décide pour elle. Ce film est bouleversant, merveilleux, admirable et aussi fort que le roman. Jeanne Moreau est magnifique, d’ailleurs elle a obtenu le prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Cannes en 1960. De belles émotions.

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Momo de Sébastien Thiery et Vincent Lobelle. Avec Christian Clavier, Catherine Frot, Sébastien Thiery et Pasacale Arbillot. 2017 (Comédie française).

Je ne suis pas très fan de Christian Clavier mais j’aime beaucoup Catherine Frot et nous avions envie de regarder quelque chose de drôle, alors pourquoi pas. Finalement, ce film n’est pas si drôle que ça. On assiste à la souffrance d’un couple, surtout d’une femme, qui n’a pas pu avoir d’enfant et qui n’en a apparemment pas fait le deuil. Par un quiproquo ce couple rencontre un homme sourd qui est persuadé être leur fils. Il débarque chez eux avec sa femme aveugle et enceinte. Laurence (C. Frot) est au bord de la folie, son mari André (C. Clavier) est complètement dépassé par les évènements. Le couple se demande si le mari n’a pas fauté et n’a pas eu un enfant d’une liaison extra-conjugale. Le jeune homme, lui, est persuadé que André l’a abandonné parce qu’il était handicapé. Bref, tout ce beau monde évolue ensemble tant bien que mal. Un film sympathique et plein de tendresse mais sans plus.

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Boléro noir à Santa Clara de Lorenzo Lunar

4ème de couv. : En vingt-quatre heures et une centaine de pages, s’accumulent des années de souvenirs et d’anecdotes de la vie à El Condado un barrio de Santa Clara, une ville de province à Cuba. Une concentration du temps et de l’espace, impensable pour les romanciers de La Havane où la métropole dilue tout. Mais aussi une sublimation de la marginalité dans le creuset infernal du barrio. L’une et l’autre donnent toute sa profondeur et son authenticité au regard ironique et attendri que porte Lorenzo Lunar sur le processus de banalisation de la marginalité dans la société cubaine et les codes, les comportements et les souffrances qu’il impose.

J’ai acheté ce livre en 2014 lors du salon du livre « Noir sur la ville » qui se déroule tous les ans à Lamballe (22). L’auteur cubain, Lorenzo Lunar, présent à ce salon m’a séduite lors d’une des conférence proposées. Je suis allée à sa rencontre mais je n’ai pu discuter avec lui en raison de la barrière de la langue (mon espagnol est très limité et son français aussi). Je suis repartie avec son livre et une petite dédicace puis ce roman a rejoint mon immense PAL. Je l’ai ressorti à l’occasion du « Choix des abonnés » où je propose sur ma page facebook et sur mon compte instagram à mes abonnés de choisir ma lecture du mois suivant parmi deux ou trois titres, histoire de faire baisser ma PAL. Bolero noir à Santa Clara est le grand gagnant du mois de janvier.

 

L’histoire se déroule à Santa Clara, quartier d’une ville cubaine où vivent prostitués, délinquants, revendeurs de drogue, camés, un concentré de misère humaine. C’est là aussi que vit Léo Martin, le chef de la police locale. Léo est né et a grandi dans ce quartier, il connait tout le monde, de la prostituée alcoolique qui l’a dépucelé à leur adolescence, aux trafiquants en tout genre. Alors quand le vieux Cundo, son ami, est assassiné, il remue ciel et terre pour trouver son meurtrier. Mais, malgré les liens qui unissent ce flic aux nombreux protagonistes, il a beaucoup de mal à obtenir des informations. On ne parle pas à la police.

Pendant 24 heures, au fil de l’enquête, le lecteur découvre un monde sombre, où la misère sociale règne et où le seul moyen de survivre est le trafic et la prostitution. C’est le Cuba d’après Castro, à l’économie catastrophique. C’est le Cuba des bidonvilles. C’est le Cuba de la pauvreté, de l’abandon.

Les personnages sont tous attachants et le déroulement de l’histoire très bien maitrisée. Le suspens est garanti jusqu’aux dernières pages. C’est un excellent roman noir. Premier volume d’une trilogie, je pense continuer l’aventure prochainement avec La vie est un tango et Tu es la coupable publiés aux éditions ILV.

Le seul problème que j’ai eu avec ce roman et qui a gâché quelque peu ma lecture est le nombre impressionnant de fautes d’orthographe, de coquilles, de mots manquants ou doublés. Quand il est écrit « pommes funèbres » au lieu de « pompes funèbres », cela pourrait faire rire mais ce n’est pas un livre comique. Je sais qu’il s’agit d’une toute petite maison d’édition mais bon sang, il n’y a pas de relecture avant l’édition finale ? C’est dommage parce que j’hésiterais à acheter un livre chez cet éditeur même si l’auteur est de qualité.

Boléro noir à Santa Clara de Lorenzo Lunar aux éditions L’atinoir, 2009. 102 pages. Traduit du cubain par Morgane Le Roy et revu par Jacques Aubergy.

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Les retrouvailles des compagnons d’armes de Mo Yan

4ème de couv. : Un officier rentre au village. « Sous une pluie battante, je gravis la digue de la rivière de mon pays natal. En me retournant, je vois l’arrière de l’autocar qui s’éloigne silencieusement en cahotant dans un nuage de fumée noire. Il disparaît en un clin d’œil. Aucune trace de vie humaine […]. Une multitude de libellules aux couleurs magnifiques tourbillonnent au-dessus de la rivière. »
Alors qu’il s’engage sur le pont, une voix l’appelle, du haut d’un saule, sur la rive. C’est un ami d’enfance et compagnon d’armes…
Entre ciel et eau, de plus en plus près de la cime surplombant la rivière en crue, les deux amis évoquent leur enfance, la vie de caserne, leurs amours contrariées et les combats où la farce le dispute au tragique.

 

Quand j’ai préparé les lectures communes du groupe de lectures FB « Je me livre à la p@ge » pour l’année 2019, j’ai recherché des auteurs du monde entier. Je souhaitais proposer un petit tour du monde littéraire. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi Mo Yan, découvert en 2012 quand il a reçu le prix Nobel de littérature. Je ne connaissais pas son écriture, j’avais surtout lu des articles sur lui et sa littérature. Le choix de ce titre s’est fait un peu par hasard à la librairie.

Les retrouvailles des compagnons d’arme est une sorte de conte fantastique où le monde des morts côtoie celui des vivants. L’histoire se déroule tout en haut d’un arbre, sur des branches frêles où s’installent Zhao Jin et Qian Yinghao, l’un vivant, l’autre mort. Cet arbre surplombe une rivière  en crue dans laquelle ces deux compagnons pêchent et pissent tout en se remémorant leurs souvenirs. Ils racontent leur engagement au sein de l‘armée chinoise au moment d’une courte guerre entre le Vietnam et la chine (1979). Ils parlent surtout de leur sacrifice inutile, du lourd tribu payé par les paysans chinois dans une guerre qu’ils ne comprennent pas, pour un régime qui ne les considère pas, pour un pays qui les laisse eux et leur famille dans une misère insupportable.

C’est une lecture exigeante, difficile parfois. Le fait de ne pas connaitre grand chose à la culture chinoise et à l’histoire du pays a été un handicap pour moi, des situations, des comportements étaient difficilement compréhensibles. Par contre, c’est très joliment écrit, poétique, sensible. L’horreur est décrit avec finesse. J’ai beaucoup aimé le style. Mon avis est donc mitigé mais tient surtout au fait que les us et coutumes chinois me sont complètement étrangers.

Les retrouvailles des compagnons d’armes de Mo Yan aux éditions du seuil, 2017. Lu dans sa version poche, Points, 200 pages. Traduit du chinois par Noël Dutrait

Lu dans le cadre des lectures communes du groupe de lecture FB « Je me livre à la p@ge« .

 

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Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même). Tome 1 de Marion Montaigne

Tome 1. La science, c’est pas du cinéma.

La professeure Moustache (une sciencifique avec une moustache, oui oui) reçoit des cartes postales sur lesquelles chaque correspondant pose une question cruciale : « Pourquoi je ne peux pas respirer sous l’eau comme l’homme de l’Atlantide ? Si une bombe atomique est envoyée sur Paris, ai-je une chance de survivre (comme Indy, dans Indiana Jones 4) ? Plus tard, j’aimerais faire expert, comme à la télé. Comment faire ? Avec humour et pédagogie, elle répond à toutes ces questions en démontant les films d’action, de science-fiction et les séries télés. Les dessins sont très colorés et très réussis, ils donnent vie à chaque réponse du Professeure. C’est concret, simple et très très drôle.

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C’est vraiment une excellente bande dessinée de vulgarisation scientifique. On ne s’ennuie jamais, on rit beaucoup et on apprend énormément. J’ai beaucoup aimé aussi toutes les références aux films, de Jurissac Parc à Terminator en passant par Star Wars et Armagedon mais aussi, par petites touches,  à l’actualité politique et people. Bref, un vrai régal.

Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même). Tome 1. La science, c’est pas du cinéma de Marion Montaigne aux éditions Ankama, 2011. 255 pages.

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