Tempête de sable de Elite Zexer

Film israélien de 2017 avec Lamis Ammar, Ruba Blal, Hitham Omari

Synopsis (AlloCiné) : Les festivités battent leur plein dans un petit village bédouin en Israël, à la frontière de la Jordanie : Suleiman, déjà marié à Jalila, épouse sa deuxième femme. Alors que Jalila tente de ravaler l’humiliation, elle découvre que leur fille aînée, Layla, a une relation avec un jeune homme de l’université où elle étudie. Un amour interdit qui pourrait jeter l’opprobre sur toute la famille et contre lequel elle va se battre. Mais Layla est prête à bouleverser les traditions ancestrales qui régissent le village, et à mettre à l’épreuve les convictions de chacun. 

Très beau film sur la pression sociale et sur le poids des traditions. Personne n’ose contrevenir à ce qui doit être fait. Peur du déshonneur, honte, peur d’être rejeté, surtout pour le père qui doit tenir son rôle d’homme dans une société où la femme lui appartient (fille, épouse, etc..) et n’a aucune liberté.
C’est ainsi que Suleiman, malgré ses airs de modernité, épouse une seconde femme et promet sa fille à un homme de la tribu parce qu’elle est amoureuse d’un homme qu’il n’a pas choisi pour elle, un homme qui n’est pas du village… et cela ne se fait pas.
C’est ainsi aussi que Jalila, humiliée par ce mariage, va soutenir sa fille et défier son mari. Elle en paiera les conséquences.
Layla aussi se rebelle, mais à quel prix…
On découvre une famille qui s’aime mais qui est incapable de décider par elle même et par conséquent qui se déchire. Leur façon de vivre est dictée par les traditions du village, sans aucun autre choix. Pourtant Layla le dit « on a toujours le choix ». Jalila aussi essaie de réveiller son mari « Quand feras-tu ce que tu as envie », « Sois un homme ». Mais la pression sociale est si forte…. et tout le monde souffre… Quel gâchis !

Une histoire très bien filmée, tout en finesse et des acteurs justes qui jouent avec une belle sensibilité et une belle sincérité.

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Classé dans Cinéma

Après la chute de Dennis Lehane

4ème de couv. : Journaliste en pleine ascension, Rachel s’effondre en direct devant des millions de téléspectateurs. C’est le début de la chute. en peu de temps, elle perd tout : son emploi, son conjoint, sa vie idéale. En fait, peut-être pas si idéale que cela. Rachel avait une mère manipulatrice, quant à son père elle ne l’a jamais connu. C’est en cherchant à en savoir plus sur ses origines qu’elle croise la route de Brian Delacroix. Un homme qui va tout faire basculer…

J’aime beaucoup cet auteur et comme tout le monde je crois, j’ai adoré, entre autres, Shutter Island et Mystic River. Alors, quand LéaTouchBook a proposé un concours pour gagner son dernier roman, autant vous dire que je me suis vite inscrite ! Et j’ai bien fait car j’ai fait partie des heureux élus. Reçu donc en avant première, j’ai commencé ce thriller psychologique une semaine avant sa sortie et j’espérais bien publier ma chronique pour le jour de sa sortie en librairie le 4 octobre mais Léhane en a décidé autrement.
La première partie de ce roman m’a quelque peu décontenancée. C’est long, long, long : Rachel est malheureuse avec sa mère, Rachel perd sa mère, Rachel cherche son père, Rachel se marie, Rachel devient une star de la télé. Rachel… Les personnages ont du mal à s’affirmer, les situations bougent peu, c’est quelque peu « planplan » pour un thriller psychologique. Intriguant donc mais pas transcendant… Mon rythme de lecture a donc été le reflet de cette première partie : lent !.
Malgré mes difficultés à entrer dans l’histoire, j’ai persisté… tout de même c’est Léhane, non ? Et j’ai bien fait, une fois passée cette première partie un peu (beaucoup) barbante, on entre vraiment dans le vif du sujet. L’histoire prend forme, le rythme s’accélère, les personnages deviennent plus consistants, l’action et le suspens  prennent  le dessus et on découvre un bon polar. Rachel qui a tout perdu (boulot, mari, amis…) pour avoir craqué en direct, devient agoraphobe, s’enferme chez elle, se replie sur elle-même et doit gérer ses crises de panique. Mais c’est sans compter sur Brian qu’elle croise à plusieurs reprises dans la première partie du roman et dont elle tombe amoureuse. Il la sauve… mais à quel prix… Je ne peux en dire plus sur l’histoire sans risquer de trop en dévoiler.

Voilà, j’ai du mal à en parler davantage. La lecture a finalement été plutôt plaisante (une fois passé la première partie) mais je n’ai pas retrouvé la plume de Dennis Léhane. Dommage…. mais on ne peut pas être le meilleur tout le temps …

Merci à #LéaTouchBook et aux éditions Rivages.

Après la chute de Dennis Lehane aux éditions Rivages, 2017 – 456 pages.

Lecture commune du groupe Picabo River Book Club

https://lesravissementsdevalerie.files.wordpress.com/2017/08/picabo-river-book.png?w=500

 

 

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Classé dans Lire, Littérature amécaine (U.S.), Policiers - Thrillers

Dans la forêt de Jean Hegland

4ème de couv. : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Je reste sans voix. C’est un très gros coup cœur. Ce roman est magnifique, d’une intensité et d’une beauté rares.  L’histoire débute comme un roman de science-fiction post-apocalyptique. On ne sait pour quelle raison, l’essence et l’électricité se font rares jusqu’à disparaitre. Plus d’internet, plus de voitures, plus de grandes surfaces où faire ses courses, plus d’eau courante, plus de médecins, plus de médicaments, plus rien. Les gens meurent ou s’enfuient vers Boston où les rumeurs disent que tout est « normal » là-bas. Nell et Eva, elles, restent dans leur maison au milieu de la forêt, loin de la ville, où elles vivaient avec leurs parents, des bobos écolos, qui les ont entourées d’amour et de nature. Mais tous deux meurent. Tous les rêves s’écroulent, fini la danse, fini le rêve d’études à Harvard. Il faut apprendre à vivre autrement ou plutôt réapprendre à vivre. Le lecteur quitte alors ce monde post-apocalyptique pour un retour aux racines de la vie, à la terre et à la nature. Et ce monde devient beau et poétique.

C’est difficile pour ces deux jeunes filles qui ont grandi avec internet, l’électricité, les supermarchés mais elles s’accrochent, apprennent, apprivoisent la nature et ses secrets. Elles jardinent, étudient les plantes, coupent du bois, font des conserves. Elles doivent aussi se protéger du monde extérieur qui pourrait être violent. Elles ne peuvent compter que l’une sur l’autre pour survivre et sur ce que la nature a à leur offrir. Le sens de la vie prend alors une autre forme. Qu’est-ce qui est important au fond ? L’amour qu’elles éprouvent l’une pour l’autre va aussi les aider à surmonter toutes les épreuves.

C’est un roman d’apprentissage où l’amour et la nature ont repris leur droit. Il est magnifiquement bien écrit. Il est sensible, percutant, intelligent. Une fois la lecture terminée, on ne peut s’empêcher de se questionner « Que ferais-je dans une telle situation ? Serais-je capable de survivre sans tout le confort auquel je suis habituée ? ». L’auteure dénonce aussi à travers cette fiction dite de nature writing notre société de surconsommation et les mauvais traitements que nous infligeons à notre planète.  Elle rend aussi hommage aux tribus indiennes qui savaient écouter la nature et vivre en harmonie avec elle. Elle s’appuie sur le témoignage d’une de ses héroïnes du passé Sally Bell, l’une des dernières survivantes de la tribu Sinkyones.

Le bonheur n’est peut-être pas là où l’on croit….

Dans la forêt de Jean Hegland aux éditions Gallmeister, 2017 (publié en 1996 aux Etats-Unis)

 

 

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Classé dans Emotions fortes - Coups de coeur, Lire, Littérature amécaine (U.S.)

La sociale de Gilles Perret

Film documentaire de 2016 de Gilles Perret

Synopsis (AlloCiné) : En racontant l’étonnante histoire de la Sécu, La Sociale rend justice à ses héros oubliés, mais aussi à une utopie toujours en marche, et dont bénéficient 66 millions de Français.

Il y a 70 ans la sécurité sociale est créée grâce à un mouvement ouvrier et à Ambroise Croizat, alors Ministre du travail communiste sous le gouvernement De Gaulle. Ce documentaire retrace toute l’histoire de cette construction de 1946 à nos jours (et l’histoire de cet homme oublié dans la première partie du documentaire). On y croise Jolfred Frégonara, 96 ans, militant CGT, chargé de la mise en place des caisses de sécurité sociale en 1946 en Haute-Savoie qui nous interpelle sur l’importance de préserver cette institution et on y croise aussi des historiens, sociologues, économistes.
C’est un très beau travail de mémoire qui permet d’éclairer les plus jeunes (et les moins jeunes) sur ce que la Sécu apporte à tous et nous rappelle que ce n’est pas seulement un « trou budgétaire ». Il donne beaucoup de clés pour la compréhension de cette évolution sociale. En tout cas, j’ai énormément appris à travers ce documentaire et je me sens plus autorisée à porter certains juments négatifs ou positifs sur le sujet et il me conforte dans l’idée qu’il faut la défendre. Objectif atteint donc !

 

Pour en savoir plus sur le documentaire : http://www.lasociale.fr

 

 

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Classé dans Cinéma, Documentaires adultes

Annabel de Kathleen Winter

4ème de couv. : En 1968 au Canada, un enfant voit le jour dans un village reculé de la région du Labrador. Ni garçon ni fille, il est les deux à la fois – l’enfant naît hermaphrodite. Seules trois personnes partagent ce secret : les parents de l’enfant et Thomasina, une voisine de confiance. Ses parents le prénomment Wayne, mais Thomasina l’appelle secrètement Annabel avant de partir poursuivre une formation en Europe. Son père prend la difficile décision de faire opérer l’enfant et de l’élever comme un garçon, prénommé Wayne. Mais tandis que ce dernier grandit, son moi caché – une fille appelée Annabel – ne disparaît jamais complètement. Wayne rêve de faire de la natation synchronisée, de porter un maillot de bain pailleté que sa mère va finir par lui acheter sans rien dire au père. jusqu’au jour où le secret de son corps lui est dévoilé à l’hôpital. Wayne décidera donc de quitter son village pour aller travailler en ville sur des chantiers. Pourtant, il devra apprendre qu’il ne doit pas confier son secret à personne.

Kathleen Winter, née en 1960, a écrit des textes pour la télévision. Elle est l’auteur d’un recueil de nouvelles, Boys (2007). Annabel a été finaliste pour plusieurs prix prestigieux, dont le Giller Prize, le Prix du Gouverneur général et le prix Orange. Kathleen Winter vit à Montréal avec son mari.

 

Télérama commence la critique de ce livre par ces quelques phrases : « On a tous un roman un peu rare, un peu bizarre, totalement à part, qu’on offre à ceux qui semblent le mériter. Un livre cher qu’on partage avec les personnes dignes de confiance, qui auront interdiction d’exprimer la moindre déception sous peine de vous blesser déraisonnablement. Annabel fait partie de ceux-là. Sitôt ouvert, il vous emplit d’une émotion indéfectible, et vous voilà animé de la même dévotion que son héros, Wayne, qui confesse : « Une fois que j’aime une personne, quoi qu’elle fasse, rien ne m’empêchera de l’aimer. ». Je ressors de la lecture de ce livre avec ce même sentiment. Ce roman est enivrant de beauté et de poésie. L’écriture est magnifique, les mots sont justes, tendres malgré une histoire qui pourrait vite tourner au drame et au voyeurisme.  Wayne est né hermaphrodite mais sera élevé sous le sexe masculin, comme en a décidé son père. Wayne ne sait pas ce qu’il est réellement, il sent bien qu’il n’est pas comme les autres, lui qui rêve de natation synchronisée dans de jolies maillots de bain pailletés. Nous assistons à cette quête d’identité qui aurait été différente sans les non-dit et les silences, même sa meilleure amie perd sa voix, elle qui voulait être chanteuse. La vérité fait peur à son père, ce taiseux qui aime la solitude, la nature et qui ne comprend pas les Hommes. Sa mère fait de son mieux, elle qui aurait voulu l’élever comme une fille. Ses parents ainsi que leur amie proche, Thomasina, qui appelle Wayne Annabel quand ils ne sont que tous les deux (prénom de sa fille décédée), sont tous trois bienveillants, aimants, à leur façon. Wayne finit par découvrir ce qu’il est réellement mais pas qui il est. Le chemin est long, semé non pas d’embûches mais de cartes postales, celles de Thomasina qui entreprend un voyage à travers le monde. Toutes ces cartes sont des représentations de ponts. Si il n’est question que d’architecture dans le roman, on comprendra la symbolique : le pont, épreuve initiatique du passage d’un monde vers un autre. La construction de soi. Cette traversée est difficile mais l’amour des proches aussi maladroit soit-il permet d’y arriver malgré tout.

Je remercie Claude qui m’a prêté ce livre, et sans qui je n’aurais peut-être pas découvert cette merveille. J’espère que les membres du groupe « Je me livre à la p@ge » à qui j’ai proposé ce livre en lecture commune ont ressenti ces mêmes belles émotions. Un vrai coup de coeur pour moi.

Annabel de Kathleen Winter aux éditions Christian Bourgeois, 2013 – 453 pages.

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Classé dans Emotions fortes - Coups de coeur, Lire, Littérature Canada