Le marin de Gibraltar de Marguerite Duras

Reprise de l'ancien blog - Article publié en 2010

Ce roman, publié en 1952, n’est pas le plus connu de Marguerite Duras. Il n’en est pas moins intéressant.
Il est construit en deux parties : une première partie, très courte (127 pages sur 430), est le cheminement de la séparation, de la rupture et une seconde partie, l’essentiel du roman, une quête de l’amour.

L’histoire :marin_gibraltar
Un homme est en vacances avec sa femme à Florence. C’est un été caniculaire. Il étouffe dans tous les sens du terme.  Il s’ennuie avec cette femme qu’il n’aime pas. Il s’ennuie dans son travail de fonctionnaire au Ministère des colonies où il passe ses journées à recopier des actes d’état civil.
Il veut tout quitter, vivre autre chose, vivre autrement. Il rencontre un chauffeur avec lequel il sympathise. Il promet de le retrouver dans son village à Roca. C’est dans cette petite ville portuaire qu’il aperçoit un bateau et sa propriétaire. Une belle femme riche dont il tombe amoureux.

Il quitte sa femme. Elle part sans comprendre.
Cette riche voyageuse, elle, parcourt les mers du monde pour retrouver l’amour de sa vie. Un homme accusé d’avoir assassiné un riche industriel, un joueur invétéré et recherché par la police, le marin de Gibraltar.
Ils se rencontrent, s’aiment sans se l’avouer. Il décide de la suivre dans sa quête du marin disparu.
Un voyage qui les amène à Cotonou au Dahomey (Bénin actuel) ou encore sur les côtes de l’ancien Congo Belge. A chacune de ces étapes, elle retrouve un ancien amant qui a des informations sur le Marin qu’elle recherche.

Au fil du des pages, j’ai fini par douter de l’existence de ce Marin. N’est-il pas juste le symbole de l’Amour après lequel nous courrons tous ? Et puis quel étrange contradiction… s’ils retrouvent ce marin c’est la fin de leur histoire.

Beaucoup de non-dit, beaucoup de passion, beaucoup de chaleur, beaucoup d’alcool. L’atmosphère et le style durassien sont bien là. On n’aime ou on n’aime pas. Moi je suis fan !

La mer, paysage récurrent dans les romans de Duras, nous transporte de port en port, de révélation en révélation, de sentiment en sentiment. Les personnages se révèlent au fil des pages.

Certains diront que cette histoire finit mal puisqu’elle ne retrouve pas son marin. D’autres diront que cette histoire n’est pas finie, puisque qu’ils poursuivent leur quête. Moi, je dirais qu’elle finit bien puisqu’ ils peuvent continuer de s’aimer.

Le Marin de Gibraltar – Marguerite Duras – Editions Gallimard, 1952 – 430 pages

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Emotions fortes - Coups de coeur, Littérature française

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s