Scènes de conversation de Lytton Strachey

Reprise de l'ancien blog - Article publié en 2010

scenesconversa.jpg

Quatrième de couverture : « Au coeur du XVIIIe siècle français, brille une longue suite d’amours malheureuses, d’amitiés trahies, de désespoirs et de ratages. Héroïnes du style et de l’esprit, virtuoses de la parole et de l’écoute, les salonnières furent comme fatalement la proie de ces passions impossibles, aimant qui ne les aimait pas, n’aimant pas qui les aimait.

L’histoire de la relation contrariée de Mme du Deffand et de Melle de Lespinasse est certes bien connue ; mais il revient à Lytton Strachey, en deux « portraits miniatures » jusque-là inédits en français, d’en avoir tracé l’épure, concentrant en quelques pages lumineuses d’un style cristallin, le récit de ces destinées admirables et erratiques, fascinées par le langage, soucieuses des formes, de l’élégance des rapports humains, prisonnières, pour finir, d’une géométrie de l’intenable. »

Lytton Strachey (1880-1932), auteur britannique du XIXe, appartenait au groupe de Bloomsbury avec Virginia Woolf et John Maynard.

La lecture de ces 88 pages est un bon remède contre les allergies aux romans classiques ; réconciliation avec ce genre littéraire garantie.

Extrait : [..] Le destin apparut sous les traits de Mme du Deffand. Cette personne hors du commun entrait dans l’ultime phase de sa carrière. Elle vieillissait, elle devenait aveugle et, malgré toute sa gloire et son pouvoir, elle perdait goût à Paris. Dépitée et malade, elle fuit jusqu’au fin fond de la campagne ; elle passa un été avec les Vichy, et fit la connaissance de Mlle de Lespinasse. Les deux emmes semblent avoir compris presque aussitôt qu’elles étaient faites l’une pour l’autre. Julie avait alors vongt et un ans ; elle était déterminée à échapper à tout prix à une position intolérable ; elle se confia à la spirituelle et affectueuse marquise. Quel que fût son cynisme, quelque froid le regard qu’elle jetait sur un monde qu’elle ne connaissait que trop, il n’y avait pas plus impulsive que Mme du Deffand. Julie était dotée de toutes les vertus, de tous les talents ; elle était « ma reine » ; avec elle il serait possible de revivre ; elle devait venir à Paris ; il n’y avait pas d’autres solution. Julie hésita toute une année avant de franchir le pas. En avril 1754, elle se rendait enfin à Paris et emménageait chez la marquise dans ses appartements du couvent de Saint-Joseph. […]

Scènes de conversation de Lytton Strachey aux Editions Le Promeneur, 1991

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Lire, Littérature anglaise

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s