Les retrouvailles des compagnons d’armes de Mo Yan

4ème de couv. : Un officier rentre au village. « Sous une pluie battante, je gravis la digue de la rivière de mon pays natal. En me retournant, je vois l’arrière de l’autocar qui s’éloigne silencieusement en cahotant dans un nuage de fumée noire. Il disparaît en un clin d’œil. Aucune trace de vie humaine […]. Une multitude de libellules aux couleurs magnifiques tourbillonnent au-dessus de la rivière. »
Alors qu’il s’engage sur le pont, une voix l’appelle, du haut d’un saule, sur la rive. C’est un ami d’enfance et compagnon d’armes…
Entre ciel et eau, de plus en plus près de la cime surplombant la rivière en crue, les deux amis évoquent leur enfance, la vie de caserne, leurs amours contrariées et les combats où la farce le dispute au tragique.

 

Quand j’ai préparé les lectures communes du groupe de lectures FB « Je me livre à la p@ge » pour l’année 2019, j’ai recherché des auteurs du monde entier. Je souhaitais proposer un petit tour du monde littéraire. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi Mo Yan, découvert en 2012 quand il a reçu le prix Nobel de littérature. Je ne connaissais pas son écriture, j’avais surtout lu des articles sur lui et sa littérature. Le choix de ce titre s’est fait un peu par hasard à la librairie.

Les retrouvailles des compagnons d’arme est une sorte de conte fantastique où le monde des morts côtoie celui des vivants. L’histoire se déroule tout en haut d’un arbre, sur des branches frêles où s’installent Zhao Jin et Qian Yinghao, l’un vivant, l’autre mort. Cet arbre surplombe une rivière  en crue dans laquelle ces deux compagnons pêchent et pissent tout en se remémorant leurs souvenirs. Ils racontent leur engagement au sein de l‘armée chinoise au moment d’une courte guerre entre le Vietnam et la chine (1979). Ils parlent surtout de leur sacrifice inutile, du lourd tribu payé par les paysans chinois dans une guerre qu’ils ne comprennent pas, pour un régime qui ne les considère pas, pour un pays qui les laisse eux et leur famille dans une misère insupportable.

C’est une lecture exigeante, difficile parfois. Le fait de ne pas connaitre grand chose à la culture chinoise et à l’histoire du pays a été un handicap pour moi, des situations, des comportements étaient difficilement compréhensibles. Par contre, c’est très joliment écrit, poétique, sensible. L’horreur est décrit avec finesse. J’ai beaucoup aimé le style. Mon avis est donc mitigé mais tient surtout au fait que les us et coutumes chinois me sont complètement étrangers.

Les retrouvailles des compagnons d’armes de Mo Yan aux éditions du seuil, 2017. Lu dans sa version poche, Points, 200 pages. Traduit du chinois par Noël Dutrait

Lu dans le cadre des lectures communes du groupe de lecture FB « Je me livre à la p@ge« .

 

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Classé dans Je me livre à la p@ge, Lire, Littérature chinoise

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