Presidio de Randy Kennedy

4ème de couv. : Après six années d’une drôle de vie menée au loin en solitaire, Troy Falconer retourne dans la petite ville où il a grandi. Il s’est tôt fait la promesse de ne jamais rien posséder et emprunte depuis la vie des autres : leurs porte-feuilles, leurs valises, leurs costumes et leurs voitures… Pourtant lorsqu’il apprend que la femme de son frère s’est enfuie avec le maigre pécule hérité du père, Troy met le cap sur New Cona (tableau miniature de l’Amérique rurale), bien décidé à aider Harlan à retrouver l’argent. Ils embarquent alors dans un road trip chaotique à travers les paysages austères du Texas. Seul hic, une passagère non déclarée est à l’arrière de la voiture : Martha, une gamine qui n’a pas froid aux yeux et une idée fixe en tête, retrouver son père au Mexique. Les frères Falconer ne sont plus simplement recherchés pour un banal vol de véhicule, mais pour kidnapping…

 

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Reçu grâce au partenariat entre le Picabo River Book Club et les éditions Delcourt. Merci à eux, je me suis régalée ! Très bon roman, auteur à suivre…

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Deux frères se retrouvent après plusieurs années sans nouvelles l’un de l’autre. Troy a parcouru le pays, incognito, volant les uns et les autres  parce qu’il refuse de posséder quoique ce soit […] Tout ce qu’on nous impose. Je rejette tout en bloc. Alors je pique ce dont j’ai besoin pour vivre. Et quand j’ai l’impression de m’approprier les affaires que j’ai volées, je m’en débarasse et je cherche une autre cible. (page 27) […] Troy va ainsi de ville en ville, de motel en motel, d’identité en identité. Jusqu’au jour où il apprend que son frère, Harlan, s’est fait dépouiller par sa femme. Il décide alors de revenir à New Cona, petite ville rurale du Texas, où il a grandi et où Harlan est resté comme prisonnier d’une histoire familiale dont il n’arrive pas à s’émanciper. Les deux hommes partent ainsi à la recherche de Bettie. Mais rien ne se déroule comme prévu, en volant une voiture, ils se retrouvent avec une gamine de 11 ans sur les bras. Recherchés par la police, ils décident malgré tout de ramener Martha, enfant d’origine mexicaine issue de la communauté Mennonite, à son père, Aron.

Presidio est ce qu’on appelle au cinéma un road movie. Nous traversons l’Etat du Texas sans bien savoir comment va se terminer cette cavale. Ce roman est aussi prétexte à nous parler des conditions de vie des immigrés mexicains et de la communauté des Mennonites, communauté dont je n’avais jamais entendu parler. Il s’agit d’une communauté religieuse, proche des Amish, présente en Amérique latine, aux Etats-Unis et en Allemagne. En France, on va les retrouver essentiellement en Alsace.

Presidio est aussi l’histoire de deux familles, celle des frères Falconer et celle de Martha et de son père Aron. Les flash-back sur le passé des uns et des autres, les allers-retours sur le temps présent des protagonistes s’enchainent avec talent. Le lecteur passe ainsi d’une histoire à une autre sans perdre le fil du roman.

Le seul « reproche » peut-être que je pourrais faire à ce premier roman est l’insertion régulière des passages de lettres écrites par Troy. Ce procédé n’apporte rien au roman et peut parfois casser le rythme. Mais c’est juste mon ressenti.

Avant de terminer cette chronique, je vous livre un passage du roman qui en dit long : […] Un jour, un fermier ingénieux a une idée et plante dans son lopin une pancarte où est inscrit UNE DE CES PASTEQUES EST EMPOISONNEE. Le stratagème fonctionne jusqu’au soir où un voleur encore plus ingénieux, prenant le cultivateur au mot, se munit d’un pinceau et ajoute sur le panonceau MAINTENANT IL Y EN A DEUX, avant d’emporter son butin.
Sans doute parce que cette histoire traite du pouvoir des mots, elle a naturellement trouvé sa place dans les sermons pour lesquels on l’a vraisemblablement inventée. On y a souvent recouru pour enseigner aux gens de la terre ce qu’ils savaient déjà au plus profond d’eux-mêmes : on récole ce que l’on sème. (page 109)[…]

Pour finir, je préciserai que Presidio est une ville du Texas frontalière du Mexique. Presidio veut dire aussi prison en espagnol…

Presidio de Randy Kennedy (traduit par Eric Moreau) aux éditions Delcourt, 2019. 339 pages.

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Classé dans Lire, Littérature amécaine (U.S.)

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