Kannjawou de Lyonel Trouillot

4ème de couv. : Cinq jeunes gens à l’orée de l’âge adulte rêvent en vain d’avenir dans le misérable quartier de la rue de l’Enterrement, proche du grand cimetière où même les morts doivent lutter pour se trouver une place. Confrontés à la violence des rapports sociaux et aux dégâts causés par des décennies d’occupation militaro-humanitaire dans leur pays placé sous contrôle de la communauté internationale, ils n’ont pour viatique que le fantasme d’improbables révolutions, les enseignements du “petit professeur” et de sa vaste bibliothèque, ou les injonctions de man Jeanne, farouche gardienne des règles d’humanité élémentaires – règles que bafouent allègrement les nantis et les représentants interchangeables des ONG planétaires. Ces derniers, le soir venu, aiment à s’encanailler au “Kannjawou”, un bar local aussi pittoresque qu’authentique aux yeux de visiteurs décomplexés et surentraînés à détourner résolument le regard de l’enfer ordinaire que vit un peuple simplement occupé à ne pas mourir. Dans la culture populaire d’Haïti, le mot kannjawou désigne, à l’origine, la fête, le partage. Mais à quelles réjouissances songer quand la souffrance, qui fait vieillir trop vite, accule à la résignation jusqu’à détruire la solidarité des communautés premières ? En convoquant avec éclat la dimension combative dont toute son oeuvre porte la trace ardente, Lyonel Trouillot met ici en scène la tragédie d’un pays qui, sous la férule d’enjeux qui ne sont pas les siens, pris en otage par les inégalités, les jeux de pouvoir et la précarité, dérive dans sa propre histoire, privé de tout projet collectif rédempteur

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Lecture commune du groupe FB : « Je me livre à la p@ge« 

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Je suis une fan de cet auteur haïtien depuis ma rencontre avec son roman « Parabole du failli ». Son écriture, aussi poétique que percutante, est incroyablement juste et envoutante. Il sait trouver les mots pour décrire les personnages, les lieux, les situations et raconter une histoire difficile et douloureuse. Sans pathos, sans plaintes, il nous entraîne dans le quotidien de milliers d’haïtiens qui essaient de survivre face à des situations climatiques dramatiques mais aussi face à un gouvernement corrompu et des ONG pas toujours aussi bienveillantes qu’elles le devraient.

Chaque roman est un hymne à la poésie, à l’écriture, aux livres. Ils sont un espoir, un remède, un avenir.

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire en elle-même, elle est très bien écrite sur la quatrième de couverture et mon « blabla » supplémentaire n’apporterait pas grand chose, si ce n’est de risquer de trop en dévoiler. Je ne peux que vous encourager à lire ce roman, à lire cet auteur. Ces lectures vous apporteront un éclairage intéressant sur la vraie vie des habitants de ce petit pays (maudit ?), celle dont on ne parle pas dans les médias. Ces lectures vous apporteront aussi un moment de pure poésie, de beauté et d’émerveillement dans un monde dévasté et misérable, paradoxale ? C’est tout le talent de l’auteur.

Kannjawou de Lyonel Trouillot aux éditions Actes sud, 2016. 192 pages.

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Classé dans Je me livre à la p@ge, Lire, Littérature haïtienne

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