Archives de Catégorie: Emotions fortes – Coups de coeur

Trois saisons d’orage de Cécile Coulon

4ème de couv. : Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste. 
Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis. 

Epoustouflant ! Une fois plongé dans la lecture de ce roman, impossible de le lâcher ! Un véritable coup de cœur. J’ai aimé, aimé, aimé. L’auteure nous emmène avec poésie et force dans une bourgade perdue du massif central à la sortie de la seconde guerre mondiale. André, médecin, traumatisé par la mort de dizaine d’enfants, décide de s’installer dans cet endroit nommé « Les trois gueules » pour effacer cette douleur en aidant ceux qui en ont besoin. Son fils Bénédict, qui arrive dans des circonstances un peu particulière (mais chut…), décide lui aussi de devenir médecin et de reprendre le cabinet de son père. C’est ainsi qu’il reste aux trois gueules avec son épouse, Agnès tout droit venue de la ville, et son vieux père. Vient enfin leur fille Bérangère.
Mais il n’est pas facile de s’intégrer quand on n’est pas né au village, quand on vient de la ville. Pourtant la rencontre de cette famille avec celle de Delphine et Maxime, paysans de père en fils, va les lier à cette terre à tout jamais.

On assiste ainsi à la métamorphose d’un village, à ce conflit entre les gens de la campagne et de la ville qui n’aspirent pas aux mêmes ambitions, qui ne regardent pas cette nature avec les mêmes yeux, qui ne subissent pas la terre de façon égale. Cécile Coulon décrit aussi la place de la femme dans cette société à deux vitesses.

L’intégration pourrait être la grande question de ce roman : Est-ce les étrangers qui ne s’intègrent pas (les gens de la ville) ou est-ce les natifs qui ne souhaitent pas leur laisser une place (les gens de la campagne). Chacun avançant avec ses peurs, ses fausses croyances, ses préjugés, ses incompréhensions…(d’actualité tout ça, non ?).

La réussite de ce roman est aussi liée au style, à l’écriture que je trouve magistrale mais surtout à ce suspens qui est entretenu tout le long du récit : un secret lourd et pesant qui déterminera le destin de ces deux familles.

Un grand merci à l’auteure grâce à laquelle j’ai passé un sacré bon moment plein d’émotions !

Trois saisons d’orage de Cécile Coulon aux éditions Viviane Hamy – 262 pages

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Chanson douce de Leïla Slimani

4ème de couv. : Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Waouh ! Ce roman est d’une intensité incroyable. C’est un véritable coup de coeur. L’écriture est magnifique, directe et poétique à la fois.  Cette auteure a un véritable talent.

Elle raconte l’histoire d’un couple, qui trop heureux d’avoir trouvé la nounou parfaite, disponible, investie, ferme les yeux sur toutes ces petites choses qui annoncent la fin tragique de cette histoire. Elle dépeint ainsi une société obsédée par l’argent et la réussite, qui sacrifie famille et enfant pour arriver à ses fins.

Parfois dans la tête de Myriam, la maman, parfois dans la tête de Louise, la nounou, le lecteur explore le psychisme de ces deux femmes. La maman est une femme moderne, qui veut réussir, s’épanouir dans son travail comme le fait son mari. Mais cette quête n’est possible qu’en mettant entre parenthèses sa condition de maman. Elle culpabilise énormément mais le diktat de la société est bien plus fort. Louise, elle, est une femme d’origine très modeste dont on ne sait pas grand chose au début du livre mais dont certains comportements laissent planer le doute sur sa santé mentale. Ces « bizzareries » se multiplient au fil des pages pour finir par confirmer un état mental perturbé.

Je ne dévoile rien par ces quelques lignes, ni surprise, ni suspens dans ce roman. Leïla Slimani, dès la première phrase, nous annonce la couleur : « Le bébé est mort ». Ce roman raconte comment un tel acte a pu être possible. Et si la nounou est bien la meurtrière, on s’interroge sur la « participation » de la société. N’est-elle pas coupable elle aussi ? Vaste sujet….

En tout cas, n’hésitez pas, c’est vraiment un très très bon roman.

Chanson douce de Léïla Slimani édités chez Gallimard, 2016 – 240 pages

Prix Goncourt 2016

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L’oiseau du bon Dieu de James McBride

4ème de couv. : En 1856, Henry Shackleford, douze ans, traîne avec insouciance sa condition de jeune esclave noir. Jusqu’à ce que le légendaire abolitionniste John Brown débarque en ville avec sa bande de renégats. Henry se retrouve alors libéré malgré lui et embarqué à la suite de ce chef illuminé qui le prend pour une fille. Affublé d’une robe et d’un bonnet, le jeune garçon sera brinquebalé des forêts où campent les révoltés aux salons des philanthropes en passant par les bordels de l’Ouest, traversant quelques-unes des heures les plus marquantes du XIXe siècle américain.

J’ai découvert l’auteur et son livre à l’émission « La grande librairie ». Le bonhomme m’a bien plu ainsi que la présentation de son roman. Quand je l’ai vu sur la table des nouveautés dans ma médiathèque préféré, j’ai sauté dessus…. Et je ne l’ai pas lâché ! Ce roman est prodigieux. Superbement écrit, drôle et grave à la fois.

En 1856, le narrateur, un jeune esclave noir américain de 12 ans, est adopté par un homme blanc abolitionniste, John Brown. Cet homme a réellement existé mais c’est la première fois que j’en entends parler, pourtant il est à l’origine de la guerre de Sécession.

John Brown, homme d’une cinquantaine d’années, est à la fois humaniste et terroriste, il est fou, illuminé, persuadé que Dieu est avec lui. Sa folle obsession, aussi noble soit-elle, est de délivrer tous les Noirs de l’esclavage mais peu importe les moyens : massacres, tueries en tout genre, attaques suicidaires. Lire la suite

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Rouge comme le ciel de Cristiano Bortone

Film de 2006 (sorti en France en 2010) avec Luca Capriotti, Francesco Campobasso, Marco Cocci
A partir de 10 ans.

Afficher l'image d'origineSynopsis (Allo Ciné) : Mirco perd la vue à l’âge de dix ans et doit poursuivre sa scolarité dans un institut spécialisé. Loin de son père, il ne peut plus partager avec lui sa passion du cinéma. Il trouve pourtant le moyen de donner vie aux histoires qu’il s’invente : il enregistre des sons sur un magnétophone puis coupe les bandes, les colle et les réécoute. L’école très stricte n’approuve pas du tout ses expériences et fait tout pour l’en écarter. Mais Mirco, loin de se résigner, poursuit sa passion…

Italie, années 70. Mirco, 10 ans, perd la vue accidentellement en jouant avec le fusil de son père. Ses parents le scolarise dans un pensionnat spécialisé religieux pour enfants aveugles. Mirco, passionné de cinéma, n’a plus les yeux pour voir mais il lui reste son imagination, sa créativité et ses oreilles. Avec l’aide d’une petite fille voyante et de l’un de ses enseignants, il surmonte son handicap et créé des histoires sonores qu’il fait jouer aux autres pensionnaires non voyants et qu’il enregistre sur un petit magnétophone. L’institution qui voit d’un mauvais oeil ces expériences tente de l’en empêcher mais c’est sans compter sur la détermination de cet enfant que le handicap a rendu encore plus forte.

C’est une histoire vraie que nous raconte là Cristiano Bortone , celle de Mirco Mencacci devenu un célèbre ingénieur du son. Ce film nous montre, sans mièvrerie et avec juste ce qu’il faut d’émotions, la naissance d’un artiste dont le handicap devient une force. Une belle leçon de vie.

Mirco Mencacci

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Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

Afficher l'image d'origine4ème de couv. : Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue.

 

Quelle belle leçon de vie ! Quel courage ! Quelle détermination !
Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dyonisos mais aussi auteur de « La mécanique du coeur », nous raconte son combat contre la maladie (aplasie médullaire, maladie du sang grave et rare). Sans pathos et avec énormément d’humour, il expose toutes les étapes qu’il a dû franchir, de la révélation du diagnostic à la guérison. Il nous parle de ses ressentis psychologiques et physiques, de l’amour de ses proches sans lequel il n’aurait peut-être pas gagné et de la musique, de la littérature et de l’écriture qui lui ont permis de se battre, de survivre et finalement de revivre. C’est aussi un hommage à tous ces soignants qui chaque jour et chaque nuit donnent de leur personne pour accompagner, soigner, réconforter des malades en souffrance.

Ce récit, proposé sous la forme d’un journal, est drôle et poétique. Mathias Malzieu joue avec les mots, c’est un véritable délice. Le style enjoué est émouvant. Une vraie réussite littéraire !

Mais ce livre est avant tout un livre d’espoir pour tous les malades et les non-malades.
Donner un sens à sa vie, savoir ce qui est important, préserver les liens affectifs avec ceux qui nous aiment et surtout  s’entourer de littérature et de musique, voilà ce que je retiendrais de ce journal.

Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu aux éditions Albin Michel, 2016 – 233 pages
Prix Essai France Télévisions 2016

Livre proposé au challenge Reading Challenge 2016 / Catégorie Un roman édité en 2016
Livre proposé au challenge Atout prix 2016-2017 (Babelio)

Il a aussi sorti un excellent album sous le même titre. En voici deux morceaux :

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