Archives de Catégorie: Je me livre à la p@ge

Monsieur Han de Hwang Sok-Yong

4ème de couv. : À travers la descente aux enfers d’un homme écartelé par la division de son pays, brutalement séparé de sa famille, socialement déclassé, renié par le Nord et suspecté au Sud, partout indésirable, Hwang Sok-yong dit toute la cruauté d’une époque en folie qui pousse les êtres dans des voies sans issue. D’où l’émouvante beauté de son personnage, devenu emblématique.
Récit poignant, fulgurant, de l’existence d’un Candide pris malgré lui dans l’engrenage de l’Histoire, Monsieur Han est une œuvre majeure de la littérature coréenne contemporaine.

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Lecture commune du groupe FB : « Je me livre à la p@ge«

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A travers ce court roman, l’auteur nous montre l’absurdité d’un monde en guerre. Ici, celle de la Corée. Notre héros, Monsieur Han est né, vit et travaille en Corée du Nord. Il est médecin, professeur d’Université, mais il a toujours refusé de participer aux réunions politiques et autres assemblées obligatoires imposées par le Parti. La guerre civile éclate. Il essaie de soigner le petit peuple bien qu’il ait été assigné au centre de soins pour dignitaires. Il finit par s’enfuir et rejoindre la Corée du sud.

Soupçonné d’être un espion, il est emprisonné, torturé puis relâché. Il n’arrivera jamais à trouver sa place dans ce monde qui se déchire.

Traitre pour les Nord-Coréens, espion pour les Sud-Coréens, il s’efface, s’enferme et vit misérablement et silencieusement. C’est ce parcours semé d’embûches que nous raconte Hwang Sok-Yong. C’est l’histoire d’un homme sacrifié, symbole d’un pays divisé par la guerre et la misère, d’un homme humble qui ne souhaitait qu’une chose vivre en paix avec sa famille et soigner les gens qui en avaient besoin. C’est l’histoire d’un pays qui se déchire. L’auteur ne nous épargne aucune souffrance. Aucune tendresse, aucune complaisance dans ce récit. La vie de cet homme est rythmé par les traitrises, les ambitions, et l’envie de s’enrichir des uns et des autres. Ses proches sont manipulés. Seule sa soeur arrive à tenir le cap et se bat pour la liberté de son frère.

Un roman poignant. Un véritable témoignage. Bouleversant.

Monsieur Han de Hwang Sok-Yong (traduit pas Choi Mikiyung et Jean-Noêl Juttet) aux éditions Zulma, 2016. 132 pages.

 

 

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Kannjawou de Lyonel Trouillot

4ème de couv. : Cinq jeunes gens à l’orée de l’âge adulte rêvent en vain d’avenir dans le misérable quartier de la rue de l’Enterrement, proche du grand cimetière où même les morts doivent lutter pour se trouver une place. Confrontés à la violence des rapports sociaux et aux dégâts causés par des décennies d’occupation militaro-humanitaire dans leur pays placé sous contrôle de la communauté internationale, ils n’ont pour viatique que le fantasme d’improbables révolutions, les enseignements du “petit professeur” et de sa vaste bibliothèque, ou les injonctions de man Jeanne, farouche gardienne des règles d’humanité élémentaires – règles que bafouent allègrement les nantis et les représentants interchangeables des ONG planétaires. Ces derniers, le soir venu, aiment à s’encanailler au “Kannjawou”, un bar local aussi pittoresque qu’authentique aux yeux de visiteurs décomplexés et surentraînés à détourner résolument le regard de l’enfer ordinaire que vit un peuple simplement occupé à ne pas mourir. Dans la culture populaire d’Haïti, le mot kannjawou désigne, à l’origine, la fête, le partage. Mais à quelles réjouissances songer quand la souffrance, qui fait vieillir trop vite, accule à la résignation jusqu’à détruire la solidarité des communautés premières ? En convoquant avec éclat la dimension combative dont toute son oeuvre porte la trace ardente, Lyonel Trouillot met ici en scène la tragédie d’un pays qui, sous la férule d’enjeux qui ne sont pas les siens, pris en otage par les inégalités, les jeux de pouvoir et la précarité, dérive dans sa propre histoire, privé de tout projet collectif rédempteur

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Lecture commune du groupe FB : « Je me livre à la p@ge« 

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Je suis une fan de cet auteur haïtien depuis ma rencontre avec son roman « Parabole du failli ». Son écriture, aussi poétique que percutante, est incroyablement juste et envoutante. Il sait trouver les mots pour décrire les personnages, les lieux, les situations et raconter une histoire difficile et douloureuse. Sans pathos, sans plaintes, il nous entraîne dans le quotidien de milliers d’haïtiens qui essaient de survivre face à des situations climatiques dramatiques mais aussi face à un gouvernement corrompu et des ONG pas toujours aussi bienveillantes qu’elles le devraient.

Chaque roman est un hymne à la poésie, à l’écriture, aux livres. Ils sont un espoir, un remède, un avenir.

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire en elle-même, elle est très bien écrite sur la quatrième de couverture et mon « blabla » supplémentaire n’apporterait pas grand chose, si ce n’est de risquer de trop en dévoiler. Je ne peux que vous encourager à lire ce roman, à lire cet auteur. Ces lectures vous apporteront un éclairage intéressant sur la vraie vie des habitants de ce petit pays (maudit ?), celle dont on ne parle pas dans les médias. Ces lectures vous apporteront aussi un moment de pure poésie, de beauté et d’émerveillement dans un monde dévasté et misérable, paradoxale ? C’est tout le talent de l’auteur.

Kannjawou de Lyonel Trouillot aux éditions Actes sud, 2016. 192 pages.

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L’armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen

4ème de couv. : Elsa, la grand-mère d’Anna, est atteinte d’un cancer foudroyant. Entourée de ses proches, elle compte bien profiter de chaque instant, de chaque plaisir, jusqu’au bout : les rayons du soleil, les bains de mer, ou le corps de Martti, son mari depuis plus de cinquante ans, contre le sien. Mais Anna découvre que derrière ce mariage heureux se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. C’est une vieille robe oubliée dans une armoire, trouvée par hasard, qui va réveiller le passé…

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Lecture commune du groupe FB : « Je me livre à la p@age« 

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L’histoire de ce roman est vieille comme le monde : l’adultère. Le mari d’Elsa tombe amoureux de la jeune fille au pair, cette histoire dure plusieurs années jusqu’à ce que tout éclate. Cette histoire d’amour va engendrer nombre de conséquences sur leur fille et leur petite fille. Secret de famille, non-dit provoquent souffrance et mal de vivre. En parallèle, on suit le parcours d’Eeva, la jeune fille au pair. Une jeune femme passionnée, entière, idéaliste, amoureuse. Le roman fait ainsi des allers retours entre aujourd’hui et les années soixante, période pendant laquelle se joue ce trio amoureux. En toile de fond, nous avons la maladie d’Elsa, elle se meurt d’un cancer. La famille s’occupe d’elle à tour de rôle. Chacun à sa manière, avec ses difficultés, sa souffrance.

Lors d’un tête à tête avec sa petite fille, Anna, Elsa raconte cette période de leur vie de couple. Anna part à la recherche d’Eeva, pour en savoir plus, pour connaitre cette femme qui a tant troublé la vie de ses grands-parents.

C’est un roman très fort, perturbant, émouvant, poétique même, très bien écrit et ne laissant pas indifférent mais j’ai été confrontée à quelques incompréhensions qui m’ont dérangée. A certains moments du roman, quand l’autrice passe d’une époque à une autre, je me suis parfois perdue, ne sachant plus avec quels personnages j’étais : la mère, la fille ou la petite fille ? Une autre question aussi : qui est Linda ? De façon inattendue, ce prénom apparaît alors que je suis sensée être avec Anna, Eeva et Eleonoora (voir page 346 par exemple). Une autre curiosité :  Martti et Eleonoora ne sont pas nommés quand c’est Eeva qui raconte. Elle les appelle L’homme et la fillette. Pourquoi ? Pour mettre de la distance ?

Un bon roman donc mais pas un coup de coeur. A l’occasion, je lirais un autre roman de cette autrice mais sans aucune conviction.

L’armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen (traduit par Claire Saint-Germain) aux éditions Albin Michel, 2012. 397 pages.

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Les retrouvailles des compagnons d’armes de Mo Yan

4ème de couv. : Un officier rentre au village. « Sous une pluie battante, je gravis la digue de la rivière de mon pays natal. En me retournant, je vois l’arrière de l’autocar qui s’éloigne silencieusement en cahotant dans un nuage de fumée noire. Il disparaît en un clin d’œil. Aucune trace de vie humaine […]. Une multitude de libellules aux couleurs magnifiques tourbillonnent au-dessus de la rivière. »
Alors qu’il s’engage sur le pont, une voix l’appelle, du haut d’un saule, sur la rive. C’est un ami d’enfance et compagnon d’armes…
Entre ciel et eau, de plus en plus près de la cime surplombant la rivière en crue, les deux amis évoquent leur enfance, la vie de caserne, leurs amours contrariées et les combats où la farce le dispute au tragique.

 

Quand j’ai préparé les lectures communes du groupe de lectures FB « Je me livre à la p@ge » pour l’année 2019, j’ai recherché des auteurs du monde entier. Je souhaitais proposer un petit tour du monde littéraire. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi Mo Yan, découvert en 2012 quand il a reçu le prix Nobel de littérature. Je ne connaissais pas son écriture, j’avais surtout lu des articles sur lui et sa littérature. Le choix de ce titre s’est fait un peu par hasard à la librairie.

Les retrouvailles des compagnons d’arme est une sorte de conte fantastique où le monde des morts côtoie celui des vivants. L’histoire se déroule tout en haut d’un arbre, sur des branches frêles où s’installent Zhao Jin et Qian Yinghao, l’un vivant, l’autre mort. Cet arbre surplombe une rivière  en crue dans laquelle ces deux compagnons pêchent et pissent tout en se remémorant leurs souvenirs. Ils racontent leur engagement au sein de l‘armée chinoise au moment d’une courte guerre entre le Vietnam et la chine (1979). Ils parlent surtout de leur sacrifice inutile, du lourd tribu payé par les paysans chinois dans une guerre qu’ils ne comprennent pas, pour un régime qui ne les considère pas, pour un pays qui les laisse eux et leur famille dans une misère insupportable.

C’est une lecture exigeante, difficile parfois. Le fait de ne pas connaitre grand chose à la culture chinoise et à l’histoire du pays a été un handicap pour moi, des situations, des comportements étaient difficilement compréhensibles. Par contre, c’est très joliment écrit, poétique, sensible. L’horreur est décrit avec finesse. J’ai beaucoup aimé le style. Mon avis est donc mitigé mais tient surtout au fait que les us et coutumes chinois me sont complètement étrangers.

Les retrouvailles des compagnons d’armes de Mo Yan aux éditions du seuil, 2017. Lu dans sa version poche, Points, 200 pages. Traduit du chinois par Noël Dutrait

Lu dans le cadre des lectures communes du groupe de lecture FB « Je me livre à la p@ge« .

 

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Défi lectures 2019 « Je me livre à la p@ge »

L’année 2019 commence fort ! Je vous propose un défi livresque super méga génial. Le principe est très simple : Lire et donner votre avis ! La récompense : une box 100% livres livrée chez vous par votre gentil facteur. Alors ?

Mode d’emploi et règlement :

1/ Pour participer, il faut être membre du groupe de lecture facebook « Je me livre à la p@ge »,  c’est ici…

2/ Une série de catégories, d’auteurs et de romans sont proposés à la lecture. Chaque lecture rapporte des points.

Pour gagner ces points, chaque lecteur devra donner son avis sur sa lecture au groupe soit directement sur la page FB « Je me livre à la p@ge » soit en y postant un lien vers un article rédigé sur un blog personnel ou une vidéo youtube (par exemple).

Le lecteur devra préciser la catégorie pour laquelle il propose son post. Un même livre ne peut pas être proposé pour plusieurs catégories.

Les livres seront lus et les avis déposés sur le groupe FB entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2019. L’inscription à ce défi peut se faire à tout moment de l’année.

Chaque livre rapporte entre 1 et 3 points. Chaque catégorie réalisée entièrement rapporte des points bonus. Le total des points est de 100.

3/ Le ou la participant(e) qui aura totalisé le plus de point au 31 décembre minuit remportera le défi et recevra une box 100% littéraire (France métropolitaine uniquement). En cas d’égalité, un tirage au sort aura lieu.

Je ferai régulièrement un bilan. Bonne chance et belles lectures.:)

6 catégories = 100 points !

Catégorie 1- Les lectures communes du groupe « Je me livre à la p@ge » : 3 points par livre + 2 points bonus si vous avez lu et donné votre avis sur tous les livres de cette catégorie (pour en savoir plus sur les LC, cliquez ici).

Les retrouvailles des compagnons d’armes de Mo Yan (Chine)
Marcovaldo de Italo Calvino (Italie)
Sula de Toni Morrison (Etats Unis d’Amérique)
L’armoire des robes oubliées de Riika Pulkkinen (Finlande)
L’autre comme moi de José Saramago (Portugal)
Kannjawou de Lyonel Trouillot (Haïti)
Le pigeon de Patrick Suskind (Allemagne)
Monsieur Han de Hwang Sok-Yong (Corée)
Le silence des esprits de Wilfried N’Sondé (Congo)
Cette chose étrange en moi de Orhan Pamuk (Turquie)
La saison de l’ombre de Léonora Miano (Cameroun)
Cannibale de Didier Daeninckx (France)

Catégorie 2- 3 romans classiques de votre choix publiés avant 1960 : 3 points par livre + 1 point bonus si vous avez lu et donné votre avis sur tous les livres de cette catégorie

Catégorie 3 – 5 bandes dessinées ou mangas de votre choix : 3 points par livre + 2 points bonus si vous avez lu et donné votre avis sur tous les livres de cette catégorie.

Catégorie 4- 1 livre de chacun de ces auteurs : 3 points par livre + 2 points bonus si vous avez lu et donné votre avis sur tous les livres de cette catégorie.

Marguerite Duras
Dashiell Hammett
John Irving
Gérard Mordillat

Catégorie 5- 5 livres au choix : 3 points par livre + 1 point bonus si vous avez lu et donné votre avis sur tous les livres de cette catégorie.

Catégorie 6 – 2 documentaires ou essais de votre choix : 2 points par livre + 1 point bonus si vous avez lu et donné votre avis sur tous les livres de cette catégorie.

A vous de jouer !

Je vous propose un document PDF pour que vous puissiez noter et suivre votre progression dans le défi : defi 2019_jemelivrealapage

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