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Hillbily élégie de J.D. Vance #MRL17

4ème de couv. : Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter. Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

Le 15 septembre dernier, j’ai eu la chance d’avoir été sélectionnée par PriceMinister pour participer au match littéraire qu’il organise chaque année. Quel bonheur de découvrir ce roman dans ma boîte aux lettre ! Par contre, unn peu en retard pour proposer cette petite chronique qui aurait dû être publiée pour le 16 novembre… aïe…

 

Ce livre est un indispensable pour qui veut comprendre l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. Il s’agit d’un récit autobiographique qui vaut toutes les études sociologiques. On découvre une population Nord Américaine dont on entend peu parler, les Hillbillies, qui peut se traduire en français par « péquenots ». Cette population vit dans ces petites villes américaines où l’industrie a disparu, les usines ont fermé les unes après les autres et des familles entières sont laissées sur le carreau. Mais, contrairement à ce que tout un chacun pourrait penser, en raison des clichés bien ancrés, il s’agit d’une population blanche. Et cette population blanche rêve de retrouver la grandeur des Etats Unis d’antan, blanche et riche. C’est ainsi que des familles pauvres, illettrées pour beaucoup, où sévit la violence et la misère essaient de survivre entre drogue et armes à feu.

J.D. Vance, à travers son parcours, nous emmène donc à la rencontre de cette partie de l’Amérique blanche où il est né et où il a grandi. J’ai ainsi découvert une Amérique dont on ne parle jamais, cette Amérique révoltée et violente, vivier de l’électorat de Trump ; et je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec certaines villes du Nord de la France.

Ce livre montre bien que le manque de culture, de reconnaissance, de travail et surtout d’espoir peut engendrer haine et colère contre lesquelles il est très difficile de lutter.

Ce récit autobiographique se lit comme un roman et est plutôt bien écrit, ce qui ne gâche rien au plaisir de lecture.

Hillbilly 2légie de J.D. Vance (traduit par Vincent Raynaud) aux éditions Globe, 2017 – 283 pages

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Classé dans Lire, Littérature amécaine (U.S.)

Lectures communes « Je me livre à la p@ge »

Voici les prochaines lectures communes du groupe « Je me livre à la p@age ». N’hésitez pas à nous rejoindre, nos échanges se font en toute simplicité !

https://www.facebook.com/groups/103305383348172/

Plus on est de fous (de littérature bien sûr), plus on r(l)it ! 🙂

Aucun texte alternatif disponible.

« Je me livre à la p@ge » est un groupe d’échange et de partage sur la lecture.

https://www.facebook.com/groups/103305383348172/

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La vie rêvée d’Ernosto G. de Jean-Michel Guénassia

4ème de couv. : De 1910 à 2010 et de Prague à Alger en passant par Paris. La traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif pragois. De la Bohème et ses guinguettes où l’on croisait des filles qui dansaient divinement le tango en fumant des Bastos, à l’exil dans le djebel, de la peste d’Alger aux désillusions du communisme, voici la vie d’un héros malgré lui, pris dans les tourmentes de l’Histoire. Une vie d’amours et de grandes amitiés, une vie d’espoirs et de rencontres, jusqu’à celle, un jour de 1966, d’un certain Ernesto G., guerrier magnifique et terrassé, échoué au fin fond de la campagne tchèque après sa déroute africaine.

J’ai beaucoup aimé ce roman mélangeant fiction et Histoire. Des personnages incroyables, des femmes aux caractères bien trempés, indépendantes et libres… mais pas toujours.

Mais c’est surtout l’histoire d’un homme terriblement attachant, aux multiples vies, celle d’un jeune étudiant à Paris, qui partage son temps libre entre les études de médecine et le tango ; celle d’un jeune médecin pris au piège de la guerre 39-45 à Alger où il doit se cacher tout en combattant les épidémies de peste et de paludisme ; celle d’un homme accompli, heureux en amour comme au travail mais dans une Tchécoslovaquie fermée au monde extérieur et où règne une dictature communiste ; celle d’un homme résigné que les évènements de vie ont quelque peu abîmé ; celle de sa rencontre avec le Ché qui va chambouler sa vie à tout jamais.

Le lecteur suit ainsi la vie de cet homme, des femmes qui gravitent autour de lui : maîtresses, épouses, fille, amies, de ses amis qui ne lui feront pas toujours que du bien, tout en traversant la grande Histoire. Le tout rythmé par les notes de tango argentin du grand Carlos Gardel dont les disques ne quitteront jamais Joseph.

J’étais passée à côté de ce livre à sa sortie (les rentrées littéraires sont denses) mais le découvrir aujourd’hui n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à le lire.

Et pour terminer, un petit clin d’oeil à Joseph qui est peut être toujours en vie… qui sait… 😉

La vie rêvée d’Ernesto G. de Jean-Michel Guénassia aux éditions Albin Michel, 2012. 544 pages

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Classé dans Lire, Littérature française

Après la chute de Dennis Lehane

4ème de couv. : Journaliste en pleine ascension, Rachel s’effondre en direct devant des millions de téléspectateurs. C’est le début de la chute. en peu de temps, elle perd tout : son emploi, son conjoint, sa vie idéale. En fait, peut-être pas si idéale que cela. Rachel avait une mère manipulatrice, quant à son père elle ne l’a jamais connu. C’est en cherchant à en savoir plus sur ses origines qu’elle croise la route de Brian Delacroix. Un homme qui va tout faire basculer…

J’aime beaucoup cet auteur et comme tout le monde je crois, j’ai adoré, entre autres, Shutter Island et Mystic River. Alors, quand LéaTouchBook a proposé un concours pour gagner son dernier roman, autant vous dire que je me suis vite inscrite ! Et j’ai bien fait car j’ai fait partie des heureux élus. Reçu donc en avant première, j’ai commencé ce thriller psychologique une semaine avant sa sortie et j’espérais bien publier ma chronique pour le jour de sa sortie en librairie le 4 octobre mais Léhane en a décidé autrement.
La première partie de ce roman m’a quelque peu décontenancée. C’est long, long, long : Rachel est malheureuse avec sa mère, Rachel perd sa mère, Rachel cherche son père, Rachel se marie, Rachel devient une star de la télé. Rachel… Les personnages ont du mal à s’affirmer, les situations bougent peu, c’est quelque peu « planplan » pour un thriller psychologique. Intriguant donc mais pas transcendant… Mon rythme de lecture a donc été le reflet de cette première partie : lent !.
Malgré mes difficultés à entrer dans l’histoire, j’ai persisté… tout de même c’est Léhane, non ? Et j’ai bien fait, une fois passée cette première partie un peu (beaucoup) barbante, on entre vraiment dans le vif du sujet. L’histoire prend forme, le rythme s’accélère, les personnages deviennent plus consistants, l’action et le suspens  prennent  le dessus et on découvre un bon polar. Rachel qui a tout perdu (boulot, mari, amis…) pour avoir craqué en direct, devient agoraphobe, s’enferme chez elle, se replie sur elle-même et doit gérer ses crises de panique. Mais c’est sans compter sur Brian qu’elle croise à plusieurs reprises dans la première partie du roman et dont elle tombe amoureuse. Il la sauve… mais à quel prix… Je ne peux en dire plus sur l’histoire sans risquer de trop en dévoiler.

Voilà, j’ai du mal à en parler davantage. La lecture a finalement été plutôt plaisante (une fois passé la première partie) mais je n’ai pas retrouvé la plume de Dennis Léhane. Dommage…. mais on ne peut pas être le meilleur tout le temps …

Merci à #LéaTouchBook et aux éditions Rivages.

Après la chute de Dennis Lehane aux éditions Rivages, 2017 – 456 pages.

Lecture commune du groupe Picabo River Book Club

https://lesravissementsdevalerie.files.wordpress.com/2017/08/picabo-river-book.png?w=500

 

 

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Classé dans Lire, Littérature amécaine (U.S.), Policiers - Thrillers

Dans la forêt de Jean Hegland

4ème de couv. : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Je reste sans voix. C’est un très gros coup cœur. Ce roman est magnifique, d’une intensité et d’une beauté rares.  L’histoire débute comme un roman de science-fiction post-apocalyptique. On ne sait pour quelle raison, l’essence et l’électricité se font rares jusqu’à disparaitre. Plus d’internet, plus de voitures, plus de grandes surfaces où faire ses courses, plus d’eau courante, plus de médecins, plus de médicaments, plus rien. Les gens meurent ou s’enfuient vers Boston où les rumeurs disent que tout est « normal » là-bas. Nell et Eva, elles, restent dans leur maison au milieu de la forêt, loin de la ville, où elles vivaient avec leurs parents, des bobos écolos, qui les ont entourées d’amour et de nature. Mais tous deux meurent. Tous les rêves s’écroulent, fini la danse, fini le rêve d’études à Harvard. Il faut apprendre à vivre autrement ou plutôt réapprendre à vivre. Le lecteur quitte alors ce monde post-apocalyptique pour un retour aux racines de la vie, à la terre et à la nature. Et ce monde devient beau et poétique.

C’est difficile pour ces deux jeunes filles qui ont grandi avec internet, l’électricité, les supermarchés mais elles s’accrochent, apprennent, apprivoisent la nature et ses secrets. Elles jardinent, étudient les plantes, coupent du bois, font des conserves. Elles doivent aussi se protéger du monde extérieur qui pourrait être violent. Elles ne peuvent compter que l’une sur l’autre pour survivre et sur ce que la nature a à leur offrir. Le sens de la vie prend alors une autre forme. Qu’est-ce qui est important au fond ? L’amour qu’elles éprouvent l’une pour l’autre va aussi les aider à surmonter toutes les épreuves.

C’est un roman d’apprentissage où l’amour et la nature ont repris leur droit. Il est magnifiquement bien écrit. Il est sensible, percutant, intelligent. Une fois la lecture terminée, on ne peut s’empêcher de se questionner « Que ferais-je dans une telle situation ? Serais-je capable de survivre sans tout le confort auquel je suis habituée ? ». L’auteure dénonce aussi à travers cette fiction dite de nature writing notre société de surconsommation et les mauvais traitements que nous infligeons à notre planète.  Elle rend aussi hommage aux tribus indiennes qui savaient écouter la nature et vivre en harmonie avec elle. Elle s’appuie sur le témoignage d’une de ses héroïnes du passé Sally Bell, l’une des dernières survivantes de la tribu Sinkyones.

Le bonheur n’est peut-être pas là où l’on croit….

Dans la forêt de Jean Hegland aux éditions Gallmeister, 2017 (publié en 1996 aux Etats-Unis)

 

 

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Classé dans Emotions fortes - Coups de coeur, Lire, Littérature amécaine (U.S.)