Archives de Catégorie: Littérature amécaine (U.S.)

Le faucon maltais. Une enquête de Sam Spade de Dashiell Hammett

4ème de couv. : Quelle est cette mystérieuse statuette noire qui attise tant les convoitises? Pourquoi certains sont-ils prêts à risquer leur vie pour la posséder? Lorsque Miles Archer, son associé, est tué lors de ce qui ne devait être qu’une banale filature, le privé Sam Spade reprend l’enquête. Il n’a aucune idée de ce dans quoi il vient de mettre les pieds! Il lui faudra tout son flegme et une bonne dose de cynisme pour résister aux femmes fatales, à la police et aux gangsters de tous poils qui aimeraient bien mettre un terme à sa carrière et l’empêcher de retrouver le faucon maltais…

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Quel bonheur de se (re)plonger dans l’Amérique des années 30 ! Qui plus est avec Dashiell Hammett, fondateur du roman noir.

J’avais unRésultat de recherche d'images pour "humphrey bogart sam spade" vague souvenir du film de John Huston mais le visage et l’allure d’Humphrey Bogart, qui incarnait à la perfection le détective Sam Spade, sont vite revenus dans mon esprit.

C’est donc dans un univers sombre et cynique que se déroule l’action de ce roman. Et, nous retrouvons tous les ingrédients des policiers de l’époque : les gangsters, les femmes fatales, les machos, le whisky, les bureaux enfumés.

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Une autre époque ni meilleure ni plus mauvaise mais qui a permis à la littérature et au cinéma de nous offrirent de vrais chefs-d’œuvre !
Pour en revenir au roman, nous suivons donc l’enquête du détective Sam Spade. Ce dernier est engagé par une très belle jeune femme, Miss Wonderly, pour retrouver sa soeur disparue. Il s’avèrera rapidement que ce n’est ni son vrai nom ni sa soeur qu’elle recherche. L’associé de Sam Spade se fait descendre dès les premières pages du roman, ce qui motivera encore plus le détective à mener l’enquête. Je n’en dis pas plus. Je ne voudrais pas spoiler toutes celles et ceux qui après la lecture de cette chronique vont se jeter sur le livre et/ou sur le film. 🤗

Grand maître du roman « policier » de l’entre deux guerres, Dashiell Hammett nous plonge toujours dans des univers assez violents, dépourvus de sentiments où ni le bien ni le mal règne. Entre son alcoolisme, la tuberculose et les persécutions du gouvernement américain lors de sa chasse aux sorcières, il n’a pu nous offrir que six romans. Des incontournables à lire et à conseiller pour que son oeuvre, aussi mince soit-elle, puisse continuer de vivre et à être à portée de tous (ses romans sont absents des rayonnages de beaucoup de bibliothèques, malheureusement).

Roman écrit en 1929 et publié en 1930 aux Etats-Unis et en 1936 en France.

Le faucon maltais de Dashiell Hammett (traduit par Natalie Beunat et Pierre Bondil) aux éditions Gallimard, 2009. Lu dans sa version Poche. Folio Policier.

 

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Dragon de glace de George R.R. Martin

4ème de couv. : “D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche.
S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait.
S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs.
Le dragon de glace soufflait du froid.”
Auteur du fabuleux cycle du Trône de Fer, George R. R. Martin nous prouve à travers les quatre nouvelles de ce recueil qu’il est aussi bon romancier que noveliste. Il sait tisser des intrigues passionnantes et des personnages puissants, aussi attirants qu’inquiétants.

Ce recueil contient notamment L’Homme en forme de poire, prix Bram Stoker et Portrait de Famille, prix Nebula.

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Fan de GOT comme des milliers d’autres personnes, ce court recueil de nouvelles m’a tout de suite tapé dans l’oeil ! Quel bonheur donc de l’avoir reçu en SP.

Ce recueil est composé de 4 nouvelles :

Le dragon de glace : cette nouvelle a été écrite en 1980, bien avant le premier tome de la série Game of thrones sorti en 1996. Et pourtant, on sent les premiers pas vers cette gigantesque saga. Le dragon et la jeune fille qui tiennent les rôle principaux de cette histoire et l’hiver, rude, destructeur. Tout le monde craint son arrivée dans un monde en guerre. Cela ne vous rappelle rien ? J’ai beaucoup aimé me retrouver dans cet univers.

La deuxième, (écrite en 1982), Dans les contrées perdues, reste dans le même type d’univers. Un monde imaginaire, une sorcière, un loup-garou, une reine qui veut pouvoir se transformer en loup. Là aussi on sent les prémices de GOT…à moins que ce soit moi qui extrapole… Votre avis ?… Dans tous les cas, j’ai bien aimé retrouver ce type d’ambiance et ces personnages ni gentils ni méchants, tout dépend de quel côté on se trouve…

La troisième, L’homme en forme de poire, a été écrite en 1987. Pas d’univers fantastique mais un curieux personnage qui hante l’esprit de sa jeune voisine avec son aspect particulier et ses  Cheez Doodles. Comment rester sereine face à cet homme qui parait vouloir l’attirer dans son appartement pour lui faire du mal ? Du suspens tout le long, des personnages intéressants, pas facile en si peu de pages. Par contre, je ne sais pas si j’ai eu une absence pendant ma lecture mais je n’ai rien compris à la fin, si quelqu’un peu m’aider ?…Perplexe…

La dernière, Portrait de famille, raconte l’histoire d’un écrivain égocentrique qui sacrifie sa famille pour son écriture, ses livres, ses personnages. Jusqu’au jour où il va trop loin avec sa fille. Cette nouvelle a été écrite en 1985. J’ai adoré ! J’ai beaucoup pensé à Stephen King, il aurait pu écrire ce genre d’histoire. Le style est parfait, on ne sait, jusqu’aux dernières pages, comment va se terminer cette nouvelle. J’ai été tenue en haleine jusqu’au bout. Difficile de lâcher le livre.

Avec ces deux dernières nouvelles, j’ai découvert un « autre » auteur. Je ne connais de lui que GOT et la lecture de ces petites histoires confirme le talent de G.R.R. Martin. J’ai adoré ce petit bouquin.

Dragon de glace de G.R.R Martin (traduction Pierre-Paul Durastanti, Thomas Bauduret, Gilles Goullet, Annaïg Houesnard) aux éditions ActuSF, 2019 (collection Hélios). 204 pages.

Lu dans le cadre d’un envoi SP ActuSF

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Le dernier chant d’Orphée de Robert Silverberg

4ème de couv. : On dit qu’il pouvait, par son chant, charmer les animaux et les arbres, sa voix fit chavirer les sirènes elles-mêmes. Mais son coeur appartenait à Eurydice, et lorsque la mort vint la lui ravir, Orphée se présenta aux portes des enfers, armé de sa seule lyre, afin de reprendre à Hadès l’âme de sa bien-aimée.

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Ce court roman reprend avec subtilité et délicatesse le mythe d’Orphée.

Publié chez ActuSF, je m’attendais davantage à de la science fiction, de la fantasy ou du fantastique mais rien de tel, nous restons dans la mythologie pure et dure mais avec une telle poésie dans le récit que j’en ai oublié les cours du collège.
L’auteur nous conte l’histoire d’Orphée à la première personne du singulier : JE ; il est donc impossible de ne pas s’identifier au personnage et à son histoire. C’est ainsi qu’Orphée lui-même nous parle de sa naissance, de sa rencontre avec Eurydice, avec Jason et sa quête de la Toison d’or, de son voyage avec les Argonautes et de toutes les autres péripéties qui ont construit son mythe, de sa mort.
Loin, très loin, d’être une spécialiste en histoire antique, je ne saurai dire si ce récit reflète bien toute la version officielle des cours d’histoire enseignés à l’école, si l’auteur a ajouté des épisodes dans la vie mouvementée de cet être mi-Homme mi-Dieu mais ce que je peux dire c’est que cette novella se lit avec délectation. Un vrai régal !
Une belle surprise donc que ce roman. J’ai beaucoup aimé l’écriture, le style. Je n’avais jamais lu cet auteur auparavant pourtant reconnu comme l’un des grands maîtres de la science-fiction américaine (je m’intéresse depuis peu à ce genre). Je vais rapidement effacer cette lacune mais si quelqu’un pouvait m’aider à choisir parmi sa longue bibliographie…

A lire également, la Préface intéressante de Pierre-Paul Durastanti et une interview de l’auteur en fin d’ouvrage.

Le dernier chant d’Orphée de Robert Silverberg (traduit par Jacqueline Callier et Florence Dolisi) aux éditions ActuSF (collection Helios), 2019.162 pages.

Lu dans le cadre d’un envoi SP ActuSF

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Le songe d’une nuit d’octobre de Roger Zelazny

4ème de couv. : Octobre. Dans 31 jours, le portail s’ouvrira et les Grands Anciens déferleront sur le monde. Dracula, Sherlock Holmes, Raspoutine, le docteur Frankenstein… Ils seront tous là. Mais feront-ils partie des ouvreurs avides de pouvoir, ou seront-ils des fermeurs qui s’opposeront aux horreurs indicibles ? Les familiers de ces personnages seront eux aussi impliqués dans cette murder party ésotérique riche en rebondissements. Tout particulièrement Snuff, un chien dont le maître, Jack, aime se promener la nuit dans Londres avec son grand couteau… Le Jeu va commencer. Quel sera votre camp ?

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Je découvre avec ce livre l’univers de Roger Zelazny, auteur américain de romans fantastique et de science-fiction. Je ne suis pas une spécialiste du genre mais je m’y intéresse de plus en plus et dévore à chaque fois ces histoires extra-ordinaires. Le songe d’une nuit d’octobre fut lui aussi un vrai plaisir de lecture. Ce roman fantasque teinté d’humour noir est aussi captivant qu’intelligent.

L’histoire se passe à l’époque victorienne dans les faubourgs de Londres, me semble-t-il. Le 31 octobre doit s’ouvrir un portail d’où les Grands Anciens sortiront (référence à l’univers de Lovecraft, mais là, pareil, je ne suis pas spécialiste) et ce n’est pas bon du tout, mais alors pas du tout !
Deux équipes vont se confronter, les ouvreurs qui vont aider à l’ouverture de ce portail et les fermeurs qui vont l’en empêcher. Mais comme dans toute bonne enquête, on ne sait pas qui est qui. Et, c’est ce que va essayer de découvrir Snuff, le chien, aidé de Graymalk la chatte, de Nightwind le hibou, de Quicklime le serpent, de Cheeter l’écureuil, de Needle la chauve souris etc.. car tous doivent se retrouver le 31 octobre, avec leurs maîtres et maîtresses respectifs, pour la dernière manche. Tout ce beau monde a 31 jours pour préparer cette cérémonie finale, chacun y va donc de ses emplettes macabres pour créer sa poudre magique, de ses petits meurtres, de sa petite enquête. Chaque jour du mois d’octobre donne lieu à un chapitre et chaque jour nous découvrons de nouveaux personnages et de nouveaux indices nous permettant de savoir qui est ouvreur, qui est fermeur. Ce roman est une véritable murder party et le lecteur mène l’enquête à travers le regard de ces animaux aux pouvoirs magiques. Ce qui est aussi génial dans ce roman est que chaque  personnage « humain » correspond à un personnage de la littérature fantastique, policière ou un personnage historique célèbre. Aucun de ces personnages n’est nommé, nous les devinons à la lecture. Ainsi nous croisons par exemple le bon docteur et son homme expérimental (Frankeinstein), le comte (Dracula), le grand détective (Sherlock Holmes), Rastov (Raspoutine), Jack (Jack l’éventreur)…. je ne vous en dis pas plus, je vous laisse les découvrir. Bref, c’est un univers bien à part mais tellement bien écrit qu’on y croit vraiment. J’ai aussi aimé le ton humoristique employé tout au long du récit, humour noir bien sur mais drôle. 🙂 Un très très bon moment de lecture.

A lire aussi la préface par Thimothée Rey qui permet d’en savoir plus sur l’auteur.

Le songe d’une nuit d’octobre de Roger Zelazny (traduit par Ange Desmarais) aux éditions ActuSF, 2019 (collection Hélios). 277 pages.

Lu dans le cadre d’un envoi SP ActuSF

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Presidio de Randy Kennedy

4ème de couv. : Après six années d’une drôle de vie menée au loin en solitaire, Troy Falconer retourne dans la petite ville où il a grandi. Il s’est tôt fait la promesse de ne jamais rien posséder et emprunte depuis la vie des autres : leurs porte-feuilles, leurs valises, leurs costumes et leurs voitures… Pourtant lorsqu’il apprend que la femme de son frère s’est enfuie avec le maigre pécule hérité du père, Troy met le cap sur New Cona (tableau miniature de l’Amérique rurale), bien décidé à aider Harlan à retrouver l’argent. Ils embarquent alors dans un road trip chaotique à travers les paysages austères du Texas. Seul hic, une passagère non déclarée est à l’arrière de la voiture : Martha, une gamine qui n’a pas froid aux yeux et une idée fixe en tête, retrouver son père au Mexique. Les frères Falconer ne sont plus simplement recherchés pour un banal vol de véhicule, mais pour kidnapping…

 

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Reçu grâce au partenariat entre le Picabo River Book Club et les éditions Delcourt. Merci à eux, je me suis régalée ! Très bon roman, auteur à suivre…

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Deux frères se retrouvent après plusieurs années sans nouvelles l’un de l’autre. Troy a parcouru le pays, incognito, volant les uns et les autres  parce qu’il refuse de posséder quoique ce soit […] Tout ce qu’on nous impose. Je rejette tout en bloc. Alors je pique ce dont j’ai besoin pour vivre. Et quand j’ai l’impression de m’approprier les affaires que j’ai volées, je m’en débarasse et je cherche une autre cible. (page 27) […] Troy va ainsi de ville en ville, de motel en motel, d’identité en identité. Jusqu’au jour où il apprend que son frère, Harlan, s’est fait dépouiller par sa femme. Il décide alors de revenir à New Cona, petite ville rurale du Texas, où il a grandi et où Harlan est resté comme prisonnier d’une histoire familiale dont il n’arrive pas à s’émanciper. Les deux hommes partent ainsi à la recherche de Bettie. Mais rien ne se déroule comme prévu, en volant une voiture, ils se retrouvent avec une gamine de 11 ans sur les bras. Recherchés par la police, ils décident malgré tout de ramener Martha, enfant d’origine mexicaine issue de la communauté Mennonite, à son père, Aron.

Presidio est ce qu’on appelle au cinéma un road movie. Nous traversons l’Etat du Texas sans bien savoir comment va se terminer cette cavale. Ce roman est aussi prétexte à nous parler des conditions de vie des immigrés mexicains et de la communauté des Mennonites, communauté dont je n’avais jamais entendu parler. Il s’agit d’une communauté religieuse, proche des Amish, présente en Amérique latine, aux Etats-Unis et en Allemagne. En France, on va les retrouver essentiellement en Alsace.

Presidio est aussi l’histoire de deux familles, celle des frères Falconer et celle de Martha et de son père Aron. Les flash-back sur le passé des uns et des autres, les allers-retours sur le temps présent des protagonistes s’enchainent avec talent. Le lecteur passe ainsi d’une histoire à une autre sans perdre le fil du roman.

Le seul « reproche » peut-être que je pourrais faire à ce premier roman est l’insertion régulière des passages de lettres écrites par Troy. Ce procédé n’apporte rien au roman et peut parfois casser le rythme. Mais c’est juste mon ressenti.

Avant de terminer cette chronique, je vous livre un passage du roman qui en dit long : […] Un jour, un fermier ingénieux a une idée et plante dans son lopin une pancarte où est inscrit UNE DE CES PASTEQUES EST EMPOISONNEE. Le stratagème fonctionne jusqu’au soir où un voleur encore plus ingénieux, prenant le cultivateur au mot, se munit d’un pinceau et ajoute sur le panonceau MAINTENANT IL Y EN A DEUX, avant d’emporter son butin.
Sans doute parce que cette histoire traite du pouvoir des mots, elle a naturellement trouvé sa place dans les sermons pour lesquels on l’a vraisemblablement inventée. On y a souvent recouru pour enseigner aux gens de la terre ce qu’ils savaient déjà au plus profond d’eux-mêmes : on récole ce que l’on sème. (page 109)[…]

Pour finir, je préciserai que Presidio est une ville du Texas frontalière du Mexique. Presidio veut dire aussi prison en espagnol…

Presidio de Randy Kennedy (traduit par Eric Moreau) aux éditions Delcourt, 2019. 339 pages.

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