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Remember Ruben de Mongo Béti

Reprise de l'ancien blog - Article publié en 2011

 remember rubenQuatrième de couverture :
Mor-Zamba était un enfant sans racines lorsqu’il arriva à Ekoumdoum. Et la peine qu’il eut à se faire adopter par le village témoigna que l’époque basculait dans un monde nouveau, aux règles brouillées par la colonisation.
Raflé par les Blancs avec des milliers d’autres, il découvre Fort-Nègre, l’immense ville coloniale, et son pendant noir, Kola-Kola , fabuleux bidonville où il participera à la lutte contre l’occupant blanc.
Dans ce roman majeur de la littérature africaine, Mongo Beti, romancier féroce, conte avec ferveur les bouelversements de l’Afrique à la veille des Indépendances.

Je vous invite  à lire la chronique de Bernard Magnier en cliquant sur le lien ci-dessous dans laquelle tout est dit !
http://www.cec-ong.org/sitev2/index.php?option=com_content&view=article&id=411%3Amongo-beti-remember-ruben-176&Itemid=195&lang=fr

Mais je vais quand même rajouter quelques commentaires. :=)

Ce roman m’a moins accroché que « perpétue et l’habitude du malheur », j’avais même hâte qu’il se termine (j’ai presque honte de le dire ! :=)) ; quelques longueurs qui m’ont déplues bien qu’elles soient nécessaires pour dénoncer et témoigner de l’état du pays pendant les 25 années qui ont suivi son indépendance. Il dépeint sans conteste une époque peu glorieuse de ce pays.

Je pense qu’il m’a manqué le côté « conteur africain » que j’avais aimé dans le roman précédent et que je n’ai pas retrouvé dans celui-ci.

Ce roman est un peu trop « politique » pour être lu comme un roman.

Par contre, je continue d’être éblouie par l’écriture de cet homme. Il avait une maîtrise impressionnante de la langue française : vocabulaire, syntaxe, emploi des temps, etc. Une forme et un style que nous ne retrouvons plus dans les romans actuels. C’est un régal.

Remember Ruben de Mongo Beti aux Editions Le serpent à plumes, 2001

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Classé dans Littérature camerounaise

Perpétue et l’habitude du malheur de Mongo Beti

Reprise de l'ancien blog - Article publié en 2010

Mongo Beti est un écrivain camerounais né en 1932 et décédé en 2001. Il a fait des études de lettres et de philosophie en France.
« Perpétue et l’habitude du malheur » a été publié en 1974, deux ans après la censure de son livre « Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation » par les gouvernements français et camerounais (en 1976, il obtient la levée de l’interdiction de la publication de cet ouvrage).
Cet écrivain a vécu en exil en France pendant 30 ans.
« Perpétue et l’habitude du malheur » dénonce à la fois la colonisation, la dictature, la bêtise des fonctionnaires, la misère et surtout la condition de la femme en Afrique dans les années 1960. Le problème de l’alcoolisme est aussi évoqué.

L’histoire : Essola revient dans son village natal après six années passées dans un camp de concentration pour s’être opposé au régime.
Il enquête sur la mort de sa soeur, perpétue, une jeune fille de 15 ans, cultivée, intelligente, qui aurait pu aspirer une brillante carrière de médecin si elle n’avait pas été  vendue par sa propre mère à un fonctionnaire bête et méchant.

Extrait : […] Tout comme à l’apogée de la colonisation, l’absolutisme de la langue française était un humus empoisonné sur lequel poussaient nécessairement des plantes malsaines : l’apprentissage jamais achevé de ses raffinements retenait dans l’infantilisme ; l’exclusion inévitable ou calculée hors de ce paradis de l’immense majorité des populations produisait l’obscurantisme, la stagnation sociale et politique, ainsi que la frustration des masses. La rareté infinitésimale des élites, ces élus qui, surmontant tous les handicaps, parvenaient à la conquête d’un diplôme, en faisant un arbuste malingre qu’on enfermait dans la serre chaude des quartiers séparés où elles se laissaient déposséder d’elles-mêmes. L’assujettissement sans espoir faisait lever des moissons de révolte. Décidément, se persuadait le frère de Perpétue, l’Afrique est ravagée par trois grands fléaux, la dictature, l’alcoolisme et la langue française, à moins que ce ne soient trois visages d’un même malheur. […] pages 134-135

Son écriture belle, riche, intelligente et émouvante décrit, à la manière des conteurs africains, une Afrique violente et révoltante. Mais l’auteur ne se contente pas de la décrire, il aide aussi le lecteur à comprendre comment de telles situations peuvent exister.

Perpétue et l’habitude du malheur – Mongo Beti – Edtions Buchet & Chastel

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