Archives de Catégorie: Policiers – Thrillers

Boléro noir à Santa Clara de Lorenzo Lunar

4ème de couv. : En vingt-quatre heures et une centaine de pages, s’accumulent des années de souvenirs et d’anecdotes de la vie à El Condado un barrio de Santa Clara, une ville de province à Cuba. Une concentration du temps et de l’espace, impensable pour les romanciers de La Havane où la métropole dilue tout. Mais aussi une sublimation de la marginalité dans le creuset infernal du barrio. L’une et l’autre donnent toute sa profondeur et son authenticité au regard ironique et attendri que porte Lorenzo Lunar sur le processus de banalisation de la marginalité dans la société cubaine et les codes, les comportements et les souffrances qu’il impose.

J’ai acheté ce livre en 2014 lors du salon du livre « Noir sur la ville » qui se déroule tous les ans à Lamballe (22). L’auteur cubain, Lorenzo Lunar, présent à ce salon m’a séduite lors d’une des conférence proposées. Je suis allée à sa rencontre mais je n’ai pu discuter avec lui en raison de la barrière de la langue (mon espagnol est très limité et son français aussi). Je suis repartie avec son livre et une petite dédicace puis ce roman a rejoint mon immense PAL. Je l’ai ressorti à l’occasion du « Choix des abonnés » où je propose sur ma page facebook et sur mon compte instagram à mes abonnés de choisir ma lecture du mois suivant parmi deux ou trois titres, histoire de faire baisser ma PAL. Bolero noir à Santa Clara est le grand gagnant du mois de janvier.

 

L’histoire se déroule à Santa Clara, quartier d’une ville cubaine où vivent prostitués, délinquants, revendeurs de drogue, camés, un concentré de misère humaine. C’est là aussi que vit Léo Martin, le chef de la police locale. Léo est né et a grandi dans ce quartier, il connait tout le monde, de la prostituée alcoolique qui l’a dépucelé à leur adolescence, aux trafiquants en tout genre. Alors quand le vieux Cundo, son ami, est assassiné, il remue ciel et terre pour trouver son meurtrier. Mais, malgré les liens qui unissent ce flic aux nombreux protagonistes, il a beaucoup de mal à obtenir des informations. On ne parle pas à la police.

Pendant 24 heures, au fil de l’enquête, le lecteur découvre un monde sombre, où la misère sociale règne et où le seul moyen de survivre est le trafic et la prostitution. C’est le Cuba d’après Castro, à l’économie catastrophique. C’est le Cuba des bidonvilles. C’est le Cuba de la pauvreté, de l’abandon.

Les personnages sont tous attachants et le déroulement de l’histoire très bien maitrisée. Le suspens est garanti jusqu’aux dernières pages. C’est un excellent roman noir. Premier volume d’une trilogie, je pense continuer l’aventure prochainement avec La vie est un tango et Tu es la coupable publiés aux éditions ILV.

Le seul problème que j’ai eu avec ce roman et qui a gâché quelque peu ma lecture est le nombre impressionnant de fautes d’orthographe, de coquilles, de mots manquants ou doublés. Quand il est écrit « pommes funèbres » au lieu de « pompes funèbres », cela pourrait faire rire mais ce n’est pas un livre comique. Je sais qu’il s’agit d’une toute petite maison d’édition mais bon sang, il n’y a pas de relecture avant l’édition finale ? C’est dommage parce que j’hésiterais à acheter un livre chez cet éditeur même si l’auteur est de qualité.

Boléro noir à Santa Clara de Lorenzo Lunar aux éditions L’atinoir, 2009. 102 pages. Traduit du cubain par Morgane Le Roy et revu par Jacques Aubergy.

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Classé dans Lire, Littérature cubaine, Policiers - Thrillers

Le poids du monde de David Joy

4ème de couv. : Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?

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C’est avec plaisir que j’ai reçu courant juillet le deuxième roman de David Joy paru en France. Sélectionnée par Léa du groupe FB de lectures Nord-Américaines PicaboRiverBookClub, ce livre m’a été envoyé par les éditions Sonatine qui est en partenariat avec ce groupe. Merci à eux pour cette belle découverte.

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Le poids du monde est l’histoire de deux gamins cabossés par la vie. Thad, né d’un viol, est rejeté par sa mère qui ne voit en lui que son agresseur et sa vie anéantie. Aiden, lui, assiste à l’assassinat de sa mère par son père qui se tue ensuite d’une balle dans la tête. Ces deux gamins ont environ 10 ans quand ils se rencontrent. Ils décident de vivre ensemble dans une caravane. Ils partagent tout, les galères, les petites combines, les vols, la drogue, etc. Jusqu’à ce que Thad s’engage dans l’armée et part se battre en Afghanistan. Il rentre quelques années plus tard encore plus cabossé que ce qu’il n’était auparavant. Il retrouve Aiden et la caravane. Ils ont alors une vingtaine d’années. Ils survivent tant bien que mal jusqu’au moment où ils se retrouvent en possession d’une quantité importante de drogue et d’argent. Grâce à « cette opportunité », ils espèrent se sortir enfin de leur vie misérable mais tout s’aggrave et le lecteur assiste impuissant à une une véritable descente aux enfers… jusqu’au point de non retour.

Ce livre est bouleversant. C’est un roman noir, violent qui décrit la misère sociale de ces petits blancs des Appalaches dont j’ai découvert l’existence avec le roman de J.D. Vance, Hillbilly Elegie. C’est ce même univers glauque où le chômage et la violence sont rois. Et comment se sortir de cette destinée quand toutes les portes semblent fermées ?

Ecrit sous la forme d’un thriller dans un style parfait, l’auteur nous révèle cette véritable tragédie que vivent quelques milliers d’américains, qu’il a vécu lui-même, abandonnés à leur sort, armés, non éduqués. Ces gamins, filles comme garçons, grandissent dans un monde presque post-apocalyptique. Ils ne connaissent que la violence, la misère, les armes. Privés d’amour et de culture, ils ne font et ne deviennent que ce qu’ils ont toujours connus.

Malgré la dureté de ce livre, j’ai été happée par l’histoire et le suspens. J’ai eu du mal à le lâcher, espérant toujours que quelque chose les sauve…  Les personnages de ce roman sont tous odieux, violents, paumés et pourtant je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à tous ces acteurs qui n’ont pas choisis leur rôle, ici ce n’est pas Hollywood et ses paillettes… Ici c’est une question de survie…

Si vous voulez comprendre l’Amérique d’aujourd’hui, si vous aimez les romans noirs, si vous aimez les thrillers, ce roman est fait pour vous !

Coup de coeur de la rentrée littéraire 2018.

Le poids du monde de David Joy aux éditions Sonatine, 2018. 309 pages

Lu dans le cadre du partenariat entre les Editions Sonatine et le groupe FB PicaboRiverBookClub. #editionssonatine #PicaboRiverBookClub

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Après la chute de Dennis Lehane

4ème de couv. : Journaliste en pleine ascension, Rachel s’effondre en direct devant des millions de téléspectateurs. C’est le début de la chute. en peu de temps, elle perd tout : son emploi, son conjoint, sa vie idéale. En fait, peut-être pas si idéale que cela. Rachel avait une mère manipulatrice, quant à son père elle ne l’a jamais connu. C’est en cherchant à en savoir plus sur ses origines qu’elle croise la route de Brian Delacroix. Un homme qui va tout faire basculer…

J’aime beaucoup cet auteur et comme tout le monde je crois, j’ai adoré, entre autres, Shutter Island et Mystic River. Alors, quand LéaTouchBook a proposé un concours pour gagner son dernier roman, autant vous dire que je me suis vite inscrite ! Et j’ai bien fait car j’ai fait partie des heureux élus. Reçu donc en avant première, j’ai commencé ce thriller psychologique une semaine avant sa sortie et j’espérais bien publier ma chronique pour le jour de sa sortie en librairie le 4 octobre mais Léhane en a décidé autrement.
La première partie de ce roman m’a quelque peu décontenancée. C’est long, long, long : Rachel est malheureuse avec sa mère, Rachel perd sa mère, Rachel cherche son père, Rachel se marie, Rachel devient une star de la télé. Rachel… Les personnages ont du mal à s’affirmer, les situations bougent peu, c’est quelque peu « planplan » pour un thriller psychologique. Intriguant donc mais pas transcendant… Mon rythme de lecture a donc été le reflet de cette première partie : lent !.
Malgré mes difficultés à entrer dans l’histoire, j’ai persisté… tout de même c’est Léhane, non ? Et j’ai bien fait, une fois passée cette première partie un peu (beaucoup) barbante, on entre vraiment dans le vif du sujet. L’histoire prend forme, le rythme s’accélère, les personnages deviennent plus consistants, l’action et le suspens  prennent  le dessus et on découvre un bon polar. Rachel qui a tout perdu (boulot, mari, amis…) pour avoir craqué en direct, devient agoraphobe, s’enferme chez elle, se replie sur elle-même et doit gérer ses crises de panique. Mais c’est sans compter sur Brian qu’elle croise à plusieurs reprises dans la première partie du roman et dont elle tombe amoureuse. Il la sauve… mais à quel prix… Je ne peux en dire plus sur l’histoire sans risquer de trop en dévoiler.

Voilà, j’ai du mal à en parler davantage. La lecture a finalement été plutôt plaisante (une fois passé la première partie) mais je n’ai pas retrouvé la plume de Dennis Léhane. Dommage…. mais on ne peut pas être le meilleur tout le temps …

Merci à #LéaTouchBook et aux éditions Rivages.

Après la chute de Dennis Lehane aux éditions Rivages, 2017 – 456 pages.

Lecture commune du groupe Picabo River Book Club

https://lesravissementsdevalerie.files.wordpress.com/2017/08/picabo-river-book.png?w=500

 

 

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Mr Mercedes de Stephen King

Afficher l'image d'origine 4ème de couv. : Foncer sur une foule dans sa SL500 12 cylindres : le moment le plus grisant de Mr Mercedes.

Et le carnage lui a tellement plu qu’il n’a qu’une envie : recommencer au plus vite.

 

Cette fois, Stephen King met de côté le fantastique pour nous proposer un merveilleux thriller. Merveilleux dans le sens littéraire du terme parce que l’histoire n’a rien de merveilleux. D’autant que l’acte fou de Brady Hartsfield alias Mr Mercedes nous ramène inévitablement à l’attentat récent de Nice. Mais ici, il s’agit d’un cinglé, un psychopathe à l’américaine avec ses secrets de famille qui alimentent sa folie : la mort suspecte d’un frère et une relation incestueuse entretenue avec une mère alcoolique, un tableau clinique à la Norman Bates !

Cette folie l’a conduit à commettre un véritable carnage. Au volant d’une Mercedes, il a foncé sur une foule patientant devant les portes d’un salon de l’emploi. De nombreux blessés, des morts, et aucun coupable arrêté. Le policier Hodges est parti à la retraite avant d’avoir réussi à boucler cette affaire. Jusqu’au jour où Brady décide de  le contacter via un site internet de rencontre.
Brady est un jeune homme très intelligent, méthodique mais Hodges l’est tout autant. Ils se provoquent et s’affrontent, l’un pour découvrir et arrêter ce fou furieux avant qu’il ne commette un autre carnage, l’autre parce qu’il est tout simplement fou. Qui va gagner ?

Glaçant, intelligent, haletant, un suspens effroyablement réussi ! Juste génial !

Mr Mercedes de Stephen King aux éditions Albin Michel, 2015.

Livre proposé au challenge Reading Challenge 2016 / Catégorie Un thriller

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Le Bloc de jérôme Leroy

4ème de couv. : Cette nuit, tout peut basculer, le destin de la France comme ceux d’Agnès Dorgelles, d’Antoine Maynard et de Stanko. Demain, Antoine sera peut-être ministre, Stanko, lui, sera mort. Cette nuit, c’est la nuit où se négocie l’entrée au gouvernement du Bloc Patriotique, le parti d’extrême droite dirigé par Agnès. Cette nuit, c’est la nuit qui doit marquer l’aboutissement de vingt-cinq ans d’une histoire obscure, où ont dominé le secret, la violence et la manipulation.

J’ai découvert ce livre au salon littéraire « Noir sur la ville » de Lamballe (22) en 2014 lors de lectures à la médiathèque. L’extrait choisi par les lecteurs (des comédiens) ne pouvait que susciter l’envie d’aller y voir de plus près. En effet, leur choix s’est porté sur les premières pages du roman : des phrases chocs, percutantes, une écriture efficace. En voici les premières lignes :

« Finalement, tu es devenu fasciste à cause d’un sexe de fille.
La formulation te fait sourire un instant et c’est bien la seule chose qui t’aura fait sourire aujourd’hui. On dirait une épitaphe : Antoine Maynard, devenu fasciste à cause d’un sexe de fille.
Et puis tu ne souris plus : tu sais qu’en ce moment précis, quelque part dans la ville, des hommes cherchent à tuer ton ami. Ton frère. Ton petit mec. Ou ton âme damnée, comme on disait dans les romans du monde d’avant.
Stanko. […]

Comment résister le_bloc_dedicaceà ces quelques lignes ? Elles sont fortes, intrigantes, suscitant curiosité et appétit de bons mots. Je suis partie à la rencontre de l’auteur, nous avons échangé quelques mots et, bien entendu, il m’a dédicacé le livre.

Après cette rencontre avec l’auteur et ces moments forts agréables au Salon de Lamballe, me voilà enfin à la rencontre du livre (qui avait rejoint ma PAL et que j’avais un peu oublié). Et je n’ai qu’un mot pour le décrire : SENSATIONNEL.

Jérôme Leroy a un talent incroyable. Nous entrons dans la vie et la tête de deux personnalités importantes d’un parti d’extrême droite au moment où, après 25 ans de lutte, ils arrivent enfin au pouvoir. Effrayant.

C’est un roman choral dans lequel alternent deux personnages. Antoine Maynard, intellectuel de droite, époux de la fille du numéro un du parti (le vieux), qui espère un mandat de Ministre et Stanko., l’homme de main violent et ami d’Antoine. Pour l’un, l’auteur utilise le TU pour l’autre, le JE. Procédé intéressant, qui différencie bien les deux personnages et qui oblige aussi le lecteur à s’impliquer dans le roman. Nous suivons donc le parcours de ces deux personnages, de leur jeunesse à leur arrivée au parti puis la place qui leur est offerte dans un gouvernement qui a du mal à s’imposer. Ils sont aussi différents que l’est leur personnalité mais  leur penchant pour la violence et les idéologies extrêmes les unissent.

Ce livre dénonce la violence et l’absurdité des idées extrêmes et surtout montre  qui peuvent être ses leaders (certains personnages font vraiment penser à d’autres bien réels…) et les dangers de les voir arriver un jour au pouvoir.

Si être dans la tête de deux vrais fachos pendant 324 pages est assez déroutant, la lecture de ce roman noir a été une belle aventure littéraire.

Le Bloc de Jérôme Leroy aux éditions Gallimard, 2011 – 324 pages

Prix Michel Lebrun 2012

Livre proposé au challenge reading Challenge 2016 / Catégorie Un livre dédicacé.

Livre proposé au challenge ATOUT PRIX 2016-2017

 

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