Archives de Catégorie: Policiers – Thrillers

Le Bloc de jérôme Leroy

4ème de couv. : Cette nuit, tout peut basculer, le destin de la France comme ceux d’Agnès Dorgelles, d’Antoine Maynard et de Stanko. Demain, Antoine sera peut-être ministre, Stanko, lui, sera mort. Cette nuit, c’est la nuit où se négocie l’entrée au gouvernement du Bloc Patriotique, le parti d’extrême droite dirigé par Agnès. Cette nuit, c’est la nuit qui doit marquer l’aboutissement de vingt-cinq ans d’une histoire obscure, où ont dominé le secret, la violence et la manipulation.

J’ai découvert ce livre au salon littéraire « Noir sur la ville » de Lamballe (22) en 2014 lors de lectures à la médiathèque. L’extrait choisi par les lecteurs (des comédiens) ne pouvait que susciter l’envie d’aller y voir de plus près. En effet, leur choix s’est porté sur les premières pages du roman : des phrases chocs, percutantes, une écriture efficace. En voici les premières lignes :

« Finalement, tu es devenu fasciste à cause d’un sexe de fille.
La formulation te fait sourire un instant et c’est bien la seule chose qui t’aura fait sourire aujourd’hui. On dirait une épitaphe : Antoine Maynard, devenu fasciste à cause d’un sexe de fille.
Et puis tu ne souris plus : tu sais qu’en ce moment précis, quelque part dans la ville, des hommes cherchent à tuer ton ami. Ton frère. Ton petit mec. Ou ton âme damnée, comme on disait dans les romans du monde d’avant.
Stanko. […]

Comment résister le_bloc_dedicaceà ces quelques lignes ? Elles sont fortes, intrigantes, suscitant curiosité et appétit de bons mots. Je suis partie à la rencontre de l’auteur, nous avons échangé quelques mots et, bien entendu, il m’a dédicacé le livre.

Après cette rencontre avec l’auteur et ces moments forts agréables au Salon de Lamballe, me voilà enfin à la rencontre du livre (qui avait rejoint ma PAL et que j’avais un peu oublié). Et je n’ai qu’un mot pour le décrire : SENSATIONNEL.

Jérôme Leroy a un talent incroyable. Nous entrons dans la vie et la tête de deux personnalités importantes d’un parti d’extrême droite au moment où, après 25 ans de lutte, ils arrivent enfin au pouvoir. Effrayant.

C’est un roman choral dans lequel alternent deux personnages. Antoine Maynard, intellectuel de droite, époux de la fille du numéro un du parti (le vieux), qui espère un mandat de Ministre et Stanko., l’homme de main violent et ami d’Antoine. Pour l’un, l’auteur utilise le TU pour l’autre, le JE. Procédé intéressant, qui différencie bien les deux personnages et qui oblige aussi le lecteur à s’impliquer dans le roman. Nous suivons donc le parcours de ces deux personnages, de leur jeunesse à leur arrivée au parti puis la place qui leur est offerte dans un gouvernement qui a du mal à s’imposer. Ils sont aussi différents que l’est leur personnalité mais  leur penchant pour la violence et les idéologies extrêmes les unissent.

Ce livre dénonce la violence et l’absurdité des idées extrêmes et surtout montre  qui peuvent être ses leaders (certains personnages font vraiment penser à d’autres bien réels…) et les dangers de les voir arriver un jour au pouvoir.

Si être dans la tête de deux vrais fachos pendant 324 pages est assez déroutant, la lecture de ce roman noir a été une belle aventure littéraire.

Le Bloc de Jérôme Leroy aux éditions Gallimard, 2011 – 324 pages

Prix Michel Lebrun 2012

Livre proposé au challenge reading Challenge 2016 / Catégorie Un livre dédicacé.

Livre proposé au challenge ATOUT PRIX 2016-2017

 

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Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx

Reprise de l'ancien blog - Article publié en 2010

meurtresmemoire.JPGLe 17 octobre 1961, la communauté algérienne qui manifeste pacifiquement à Paris est massacrée par la police française sous les ordres de Maurice Papon, alors Préfêt de police de la ville.
Bien avant, l’historien qui a dénoncé cet épisode au procès « Papon » grâce à l’intervention de deux archivistes en 1998 (sanctionnés pour leurs témoignages et, aux dernières nouvelles, toujours « au placard » depuis ce jour), Didier Daeninckx a choisi, en 1984, de rappeler cette sombre histoire en l’utilisant comme toile de fond dans un roman policier.

Comme dans chacun de ses romans, il est difficile de lire l’histoire sans penser à l’Histoire. Il est impossible de le  lire comme une simple fiction. Mais c’est sans doute l’objectif de l’auteur : nous faire réfléchir, rebondir, ne pas oublier.
Malgré une écriture que je n’aime pas beaucoup, je ne peux m’empêcher de dévorer ces romans engagés contre l’oubli et l’injustice.
Mais revenons à notre polar. L’histoire démarre donc le 17 octobre 1961. Lors des manifestations, un professeur d’histoire est assassiné. Vingt ans plus tard, à Toulouse, c’est au tour de son fils d’être la victime d’un meurtre. L’inspecteur Cadin mène l’enquête.
L’intrigue nous tient bien en haleine jusqu’aux dernières pages du roman.

En conclusion, un bon polar aux préoccupations sociales et politiques.

Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx aux Editions Gallimard, 1984 – Collection Folio policier, 1998

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Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas

Reprise de l'ancien blog - Article publié en 2011

loin droite

Je n’aurais jamais pu imaginer qu’une crotte de chien déposée sur les trottoirs de paris me passionne à ce point ! Fred Vargas a un énorme talent. Arriver à construire un tel scénario à partir d’une chose aussi peu ragoutante est assez stupéfiante. Pour couronner le tout, me faire quitter Paris pour la région la plus belle de France, la Bretagne a été un délice.
J’ai aussi eu le plaisir de retrouver des personnages de « debout les morts » : Marc Vandoosler et Mathias.
L’histoire commence quand Louis Kehweiler, en planque sous les fenêtres d’un appartement, est attiré par « une drôle de chose » sur la grille d’un arbre. Il découvre alors un os humain dans un excrément canin. Pour Louis l’enquête commence : à qui appartient cet os ? Où est le reste du corps ? Quel chien a rejeté ce morceau de squelette ?
Son enquête l’emmène à Port-Nicolas, village breton, où son passé lui saute à la figure.
Louis est un homme solitaire, torturé. Son seul compagnon fidèle : Buffo, un crapaud qui le suit partout caché dans sa poche.
Nous croisons aussi Marthe, une vieille prostituée dont l’heure de gloire est passée. La relation duelle Marc-Marthe est d’ailleurs assez irrésistible.
Tout y est les personnages, le suspens, les décors, l’action… un très bon polar comme elle sait les faire.

Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas aux Ed. Viviane Hamy, 1996

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Le temps des cerises de Franck et Vautrin

Reprise de l'ancien blog - Article publié en 2011

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Ouf ! Enfin fini ! J’ai eu beaucoup de mal à le terminer. Intéressant certes, mais long, long, long.
Autant j’ai adoré le premier tome, que ce deuxième volet m’a moins bien passionné !
Au fil de la lecture, je perdais le fil de l’intrigue…. des cheminements un peu alambiqués…

Je suis entrée rapidement dans l’univers : le décor est planté, l’intrigue est posée. Youpie. Le suspens dure, chouette. Liselotte, la petite héroïne, est plutôt sympathique, Boro égal à lui même… « bon polar » me dis-je…

Mais non, ce n’est pas un bon polar. C’est un livre bien écrit, nous offrant une peinture intéressante et réaliste des années 1936 (Blum, la guerre civile en Espagne, la montée du nazisme, etc.) mais, justement, les auteurs se perdent dans l’Histoire et oublient l’intrigue policière… (c’est mon sentiment). Donc, à ne pas lire comme un polar pour ne pas être déçu.

Malgré tout, je lirai les tomes suivants car j’aime l’écriture et l’époque…. mais pas tout de suite !

Quatrième de couverture : Boro est de retour ! Canne à la main, Leica au point, charme en bandoulière, l’intrépide reporter-photographe fixe dans son objectif les remous d’un monde au bord de la folie !
1936… Le vent souffle dans les guinguettes, la révolte gronde, le Front populaire émerge, l’extrême droite se déchaîne… Catapulté au coeur de l’action, aidé par de sympathiques « prolétaires » que le cinéaste Jean Renoir n’aurait pas reniés, Boro déjoue les complots de redoutables « cagoulards » et gagne l’Espagne où il combat en pleine guerre civile, la tyrannie fasciste… Aventures périlleuses et rocambolesques. Engagement vrai d’un héros qui chavire les coeurs. On ne lit pas ce livre, on le dévore !

Le temps des cerises, les aventures de Boro reporter photographe de Franck et Vautrin aux Editions Fayard, 1990

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Le passager de Lann-Bihoué de Chaix d’Est-Ange

Reprise de l'ancien Blog - Article publié en 2011

passager

J’ai choisi ce livre parce que l’histoire se déroulait dans ma région. J’ai été déçue de n’y trouver aucune description intéressante des bords de mer et des petites villes côtières.

Petite histoire policière sympathoche dans la lignée de Jean Failler (auteur de la série des Mary Lester) mais pas transcendante et encore moins inoubliable !

L’auteur a choisi de narrer l’histoire par la voix du Capitaine Alban (un des personnages lointain de l’intrigue) mais au bout de quelques pages, ce narrateur est complètement oublié. De temps en temps, une petite piqûre de rappel « ah oui c’est vrai c’est le capitaine Alban qui raconte ». J’avoue que je n’en ai pas bien compris l’intérêt !

Sans intérêt non plus, les fréquentes notes de bas de page pour préciser un détail ou une description qui n’apporte absolument rien à l’histoire. Exemple page 87 : […] et une affreuse assiette en Vallauris qu’elle décrocha du mur*, note de bas de page : « La fameuse assiette était verte, noire et rouge, très brillante, et avait la forme d’un poisson qui aurait eu la bouche de Brigitte Bardot ». A sa lecture, je me dis que cela doit être important pour la suite… et bien non !..  Quelques notes de bas de page aussi pour rappeler un fait précédent ; ce qui aurait pu être subtilement intégré au texte… sans doute un exercice trop difficile pour l’auteur :=)

L’intrigue, elle, tient à peu près avec un bon suspens. Dommage que tout cela n’ait pas été mieux exploité.

Bref, rien d’extraordinaire.

Quatrième de couverture : Cette année là, en pays de Lorient, quatre notables s’étaient donné la mort en l’espace de quinze jours. Ils n’avaient apparemment aucun lien les uns avec les autres. Peut-on parler d’épidémie quand il s’agit de suicides ? C’était le sujet favori des journalistes qui faisaient vendre leurs canards en publiant des débats sur ce thème. Mais s’agissait-il bien de suicides ? Marie Lafitte, en convalescence  à Lomener près de Larmor-Plage, va s’intéresser à la question. Le passager qui était descendu à l’aéroport de Lann-Bihoué quelques années auparavant aurait pu l’éclairer. L’ennui, c’est qu’elle l’a reconnu trop tard.

Le Passager de Lann-Bihoué de Chaix d’Est-Ange aux Editions Alain Bargain, 2009 – 239 pages

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