Rencontre avec William Boyle autour du livre « Tout est brisé »

Grâce à #LéaTouchBook et aux #EditionsGallmeister, j’ai eu le plaisir de recevoir courant juillet le dernier roman de William Boyle, « Tout est brisé ». Lu en avant première et chroniqué ici…, j’ai aussi eu le plaisir d’échanger avec l’auteur sur le groupe Picabo River Book club. Si vous souhaitez, vous aussi, lui poser des questions, il sera sur le groupe pendant tout le mois de septembre.

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Voici l’échange que j’ai eu avec lui entre le 07 septembre (date de sortie du livre) et le 9 septembre :

Les ravissements de Valérie : Hello. Very happy to be able to talk to you. The reading of « everything is broken » has stirred me tremendously. I discover your writing with this novel and I am delighted! You will find in my chronicle but in French, sorry. Here is my question: the question of religion is, I think, very present in this story. Are these your own questions about the existence of God, the faith found in this book? (I do not master English very well, this is a google translation, I hope it works well). Thank you. https://lesravissementsdevalerie.wordpress.com/…/tout…/

William Boyle Thank you so much, Valérie! I’m sorry I can’t write in French! (I can read a little–thank you for your thoughtful review.) What a great question. Religion is very present here. One of my favorite writers, Willy Vlautin, always says, « Write about what haunts you. » And growing up Catholic in Brooklyn certainly haunts me. But I don’t ever want it to come across as a one-dimensional disavowal of religion. I just want to portray the struggles of faith and the struggles of lacking faith. In that way, there’s more than a little of me and my own personal experiences with religion in all of these characters. I share their questions and concerns, their doubt, their abilities to be shaken by certain things.

Les ravissements de Valérie : Thank you for your reply. I have another question about Franck’s character. When this character arrived in the novel and in his way of playing the mediators between Jimmy and Erica, I thought of an American series that I saw adolescent « Highway to Heaven » in the years 80-90, you know? . What does this character represent to you? Is it an « angel benefactor » like the character of the T.V. series, even if he himself to the air in suffering? (this is a google translation, I hope the software translates well my thinking). Thank you.

William Boyle Thank you! I never watched it, but it was a favorite of both my mother and my grandmother. I didn’t think of Frank as an angel so much. More a holy goof. An optimist, despite his station in life, who stumbles into the lives of these two pessimists. I actually started out intending Frank to be a con man, but I couldn’t write him that way–I liked him too much.

Les ravissements de Valérie Your grandmother? What an old blow for me! Lol 🙂 Con man, no I did not feel like such … rather an optimist pawn, anti-conformist but generous.

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Tout est brisé de William Boyle

4ème de couv. : Tout semble brisé dans la vie d’Erica. Seule avec son vieux père tyrannique tout juste sorti de l’hôpital, elle n’a plus de nouvelles de son fils Jimmy, un jeune homme fragile parti errer à travers le pays sans avoir terminé ses études. Mais voilà qu’après un long silence, Jimmy revient à l’improviste, en piteux état. Erica fera tout pour l’aider, décidée à mieux le comprendre et à rattraper le temps perdu. Mais Jimmy se sent trop mal à l’aise face à sa mère, dans ce quartier de Brooklyn hanté par ses souvenirs ; un profond mal de vivre que ni l’alcool ni les rencontres nocturnes ne parviennent à soulager. Erica, elle, ne veut pas baisser les bras…

Erica est une de ses femmes dévouées qui se sacrifient pour les hommes de leur vie :  mari,  père,  fils.
Jimmy, son fils, est un jeune homme d’une vingtaine d’années, paumé, mal dans sa peau, alcoolique, sans le sou, démoli par le rejet de son père et d’une partie de la société en raison de son homosexualité. Mère et fils se sont perdus. Jimmy ne donne plus de nouvelles. Erica vit dans l’espoir de revoir son fils. Un jour, après avoir touché le fond, Jimmy décide de rentrer. Mais il n’en éprouve aucun plaisir et ne pense qu’à repartir. Erica tente en vain de retisser le lien avec lui. Difficile. Eprouvant. Une rencontre va tout changer. Franck, enseignant un peu étrange, va leur servir de médiateur et permettre à ses deux êtres de reprendre contact, doucement, et de se retrouver.

C’est un roman sombre, noir, où les relations intra-familiales ont dû mal à se construire, à se maintenir sans douleur, sans souffrance.

J’ai aussi vu dans cette histoire comme un questionnement autour de l’existence (ou inexistence) de Dieu ou plutôt faut-il croire ou non en Dieu. Erica est très croyante, pratiquante à l’opposé de Jimmy qui la rejette mais qui aimerait pourtant tellement croire en Dieu. Et ce Franck qui arrive là un peu comme un ange descendrait du ciel pour les aider.

Je n’ai pas aimé ce côté « Les routes du paradis » (série américaine des années 80-90) quand le personnage de Franck arrive. Mais j’ai beaucoup aimé le style et l’écriture de William Boyle : l’alternance des personnages donne de la vie à cet univers morbide où tout est chaotique. Il faut attendre les dernières pages pour percevoir quelques notes positives et d’espoir. C’est tout au moins mon ressenti.

C’est un roman fort en émotion, profond. Il m’a touchée, agacée, questionnée, remuée, intéressée, désintéressée… Je suis passée sans cesse du sentiment « j’aime » au sentiment « je n’aime pas » pour finir sur un « Oh que oui, j’aime… à relire ! ». Très curieuse expérience… mais les romans ne sont-ils pas là pour nous bousculer ?

Tout est brisé de William Boyle aux éditions Gallmeister, 2017 – 208 pages

Je remercie Léa Touch Book et les éditions Gallmeister de m’avoir fait découvrir ce roman en avant première…. and thank You, William Boyle, for writting this book !

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Je me livre à la p@ge

Si vous voulez partager votre passion pour la lecture, échanger sur vos coups de coeur ou participer à des lectures communes, n’hésitez pas à nous rejoindre sur le groupe « Je me livre à la p@ge ». Les échanges se font en toute simplicité. A bientôt. https://www.facebook.com/groups/103305383348172

Nos prochaines lectures communes :

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Trois saisons d’orage de Cécile Coulon

4ème de couv. : Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste. 
Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis. 

Epoustouflant ! Une fois plongé dans la lecture de ce roman, impossible de le lâcher ! Un véritable coup de cœur. J’ai aimé, aimé, aimé. L’auteure nous emmène avec poésie et force dans une bourgade perdue du massif central à la sortie de la seconde guerre mondiale. André, médecin, traumatisé par la mort de dizaine d’enfants, décide de s’installer dans cet endroit nommé « Les trois gueules » pour effacer cette douleur en aidant ceux qui en ont besoin. Son fils Bénédict, qui arrive dans des circonstances un peu particulière (mais chut…), décide lui aussi de devenir médecin et de reprendre le cabinet de son père. C’est ainsi qu’il reste aux trois gueules avec son épouse, Agnès tout droit venue de la ville, et son vieux père. Vient enfin leur fille Bérangère.
Mais il n’est pas facile de s’intégrer quand on n’est pas né au village, quand on vient de la ville. Pourtant la rencontre de cette famille avec celle de Delphine et Maxime, paysans de père en fils, va les lier à cette terre à tout jamais.

On assiste ainsi à la métamorphose d’un village, à ce conflit entre les gens de la campagne et de la ville qui n’aspirent pas aux mêmes ambitions, qui ne regardent pas cette nature avec les mêmes yeux, qui ne subissent pas la terre de façon égale. Cécile Coulon décrit aussi la place de la femme dans cette société à deux vitesses.

L’intégration pourrait être la grande question de ce roman : Est-ce les étrangers qui ne s’intègrent pas (les gens de la ville) ou est-ce les natifs qui ne souhaitent pas leur laisser une place (les gens de la campagne). Chacun avançant avec ses peurs, ses fausses croyances, ses préjugés, ses incompréhensions…(d’actualité tout ça, non ?).

La réussite de ce roman est aussi liée au style, à l’écriture que je trouve magistrale mais surtout à ce suspens qui est entretenu tout le long du récit : un secret lourd et pesant qui déterminera le destin de ces deux familles.

Un grand merci à l’auteure grâce à laquelle j’ai passé un sacré bon moment plein d’émotions !

Trois saisons d’orage de Cécile Coulon aux éditions Viviane Hamy – 262 pages

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Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann

4ème de couv. : 7 août 1974. Sur une corde tendue entre les Twin Towers s’élance un funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires.
Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées, des vieux, des miséreux du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu’il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter ; dans une prison new-yorkaise, Tillie, une prostituée épuisée, crie son désespoir de n’avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants…
Une ronde de personnages dont les voix s’entremêlent pour restituer toute l’effervescence d’une époque. Porté par la grâce de l’écriture de Colum McCann, un roman vibrant, poignant, l’histoire d’un monde qui n’en finit pas de se relever.

Ce livre était dans ma PAL depuis 2009 mais grâce au groupe « Je me livre à la p@ge » qui l’a proposé en lecture commune, je l’ai enfin lu ! Et quel bonheur, un vrai coup de coeur. J’ai beaucoup, beaucoup aimé.

A travers divers personnages d’origine et de milieux différents, Colum McCann raconte cette Amérique des années 1970 c’est à dire l’après Vietnam, la fin des hippies, la démission de Nixon. C’est une Amérique trouble, dans laquelle la misère humaine, financière, sociale et le racisme sont très présents.  Ces personnages sont eux tous reliés par un fil, celui du funambule qui, à mon sens, symbolise la liberté, l’insouciance, la légèreté. Tout le contraire de ces vies détruites, chaotiques, pleine de souffrance. Le prêtre irlandais qui veut sauver son âme en aidant les prostituées noires du Bronx malgré les coups et les menaces des proxénètes ; ces prostituées, de mère en fille, que seul le décès de l’une d’entre elles permet de casser la répétition de scénario de vie ; le frère du prêtre qui ne parvient pas à le sauver ; des mères de jeunes soldats morts au Vietnam qui n’arrivent pas à faire le deuil de leurs fils bien aimés ; des artistes en mal de reconnaissance, drogués et marginaux dont un accident de voiture bouleverse le destin ; etc., autant de destins brisés. Tous ces personnages se croisent, leurs vies se mélangent, les coups durs de la vie les rapprochent, les éloignent, les transforment.

Sous ses abords plutôt noirs (il est vrai que la description ci-dessus est plutôt glauque), ce roman est riche et passionnant. J’ai aussi beaucoup aimé le style. L’auteur change de style à chaque personnage, ce qui les rend encore plus vrais, plus authentiques ; chacun son langage, son parler, ce qui donne du rythme au roman et permet de passer de l’un à l’autre de façon plus fluide. Bref, j’ai tout aimé dans ce roman !

Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann aux éditions Belfond, 2009 – 448 pages

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