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Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann

4ème de couv. : 7 août 1974. Sur une corde tendue entre les Twin Towers s’élance un funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires.
Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées, des vieux, des miséreux du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu’il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter ; dans une prison new-yorkaise, Tillie, une prostituée épuisée, crie son désespoir de n’avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants…
Une ronde de personnages dont les voix s’entremêlent pour restituer toute l’effervescence d’une époque. Porté par la grâce de l’écriture de Colum McCann, un roman vibrant, poignant, l’histoire d’un monde qui n’en finit pas de se relever.

Ce livre était dans ma PAL depuis 2009 mais grâce au groupe « Je me livre à la p@ge » qui l’a proposé en lecture commune, je l’ai enfin lu ! Et quel bonheur, un vrai coup de coeur. J’ai beaucoup, beaucoup aimé.

A travers divers personnages d’origine et de milieux différents, Colum McCann raconte cette Amérique des années 1970 c’est à dire l’après Vietnam, la fin des hippies, la démission de Nixon. C’est une Amérique trouble, dans laquelle la misère humaine, financière, sociale et le racisme sont très présents.  Ces personnages sont eux tous reliés par un fil, celui du funambule qui, à mon sens, symbolise la liberté, l’insouciance, la légèreté. Tout le contraire de ces vies détruites, chaotiques, pleine de souffrance. Le prêtre irlandais qui veut sauver son âme en aidant les prostituées noires du Bronx malgré les coups et les menaces des proxénètes ; ces prostituées, de mère en fille, que seul le décès de l’une d’entre elles permet de casser la répétition de scénario de vie ; le frère du prêtre qui ne parvient pas à le sauver ; des mères de jeunes soldats morts au Vietnam qui n’arrivent pas à faire le deuil de leurs fils bien aimés ; des artistes en mal de reconnaissance, drogués et marginaux dont un accident de voiture bouleverse le destin ; etc., autant de destins brisés. Tous ces personnages se croisent, leurs vies se mélangent, les coups durs de la vie les rapprochent, les éloignent, les transforment.

Sous ses abords plutôt noirs (il est vrai que la description ci-dessus est plutôt glauque), ce roman est riche et passionnant. J’ai aussi beaucoup aimé le style. L’auteur change de style à chaque personnage, ce qui les rend encore plus vrais, plus authentiques ; chacun son langage, son parler, ce qui donne du rythme au roman et permet de passer de l’un à l’autre de façon plus fluide. Bref, j’ai tout aimé dans ce roman !

Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann aux éditions Belfond, 2009 – 448 pages

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Terra Australis de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloud

terra-australis4ème de couv. : Il y a un peu plus de 220 ans, environ 1 500 hommes et femmes ont été déportés, entassés à bord de 11 navires, parcourant plus de 24 000 km sur trois océans. Ils étaient des bagnards, des forçats, des condamnés… le rebut de l’’Angleterre ! On les a envoyés à l’’autre bout du monde, dans un pays qui n’’existait pas encore. Aller sans retour vers l’’enfer ou chance inespérée d’’une nouvelle vie ?

Ce roman graphique en noir et blanc, scindé en trois parties, est un véritable voyage maritime au cœur du 18ème siècle.
A travers l’histoire de plusieurs personnages (officiers anglais, esclaves, aborigènes) qui s’affrontent, se découvrent, s’apprivoisent, cette bande dessinée raconte la naissance d’un pays : l’Australie.

Ces 500 pages magnifiquement dessinées racontent sans tabou et sans non dit le voyage difficile de ces centaines de personnes qui vont construire l’Australie. J’ai été bluffée par cette bande dessinée et j’ai apprécié le parti pris des auteurs qui a été, justement, de ne prendre parti pour aucun groupe (officiers anglais, esclaves, aborigènes). Ils ont essayé de conter une aventure humaine sans aucun stéréotype et autres idées reçues et, à mon sens, ils ont réussi. Il n’y a pas d’un côté les méchants et de l’autre les gentils mais un choc des cultures inévitable dans un monde où tout reste encore à découvrir.

Terra Australis de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloud aux éditions Glénat, 2013

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