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La porte des Enfers de Laurent Gaudé

4ème de couv. : Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer toute raison d’être. Son petit garçon est mort. Sa femme, Giuliana, disparaît. Lui-même s’enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville.
Mais, un soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera la connaissance du patron, Garibaldo, de l’impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu’on peut y descendre…

 

J’ai lu ce livre dans le cadre du « Choix des abonnés ». Tous les mois je propose à mes abonnés facebook et instagram de choisir une de mes lectures du  mois suivant parmi deux ou trois romans. Pour le mois de février 2019, le choix s’est porté sur cette étrange fiction.

C’est la première fois que je lis un roman de Laurent Gaudé malgré tout le bien que j’ai pu en entendre ou en lire, et quel regret d’avoir tant attendu ! Son écriture est incroyable. Avec des mots, des phrases qui sonnent justes, il nous transporte dans un univers surprenant en passant par des chemins bien tortueux. Sa force est telle que j’étais à Naples avec tous les protagonistes.

Ce roman nous raconte l’histoire de Mattéo qui voit son fils de 6 ans, Pippo, mourir dans ses bras lors d’un règlement de compte mafieux. Ils se trouvaient là  au mauvais endroit au mauvais moment . Sa femme, Giuliana, qui n’accepte pas la disparition de son enfant,  demande à son mari de venger cette mort injuste. Et quand elle voit qu’il n’en fera rien, elle disparait. Mattéo, lui déprime et s’enfonce dans la solitude. Et c’est dans ses déambulations solitaires qu’il rencontre Grace, un travesti prostitué, Garibaldo, un patron de bar qui créé des cafés pour chaque envie (ou besoin) tel un alchimiste,  Don Mazerotti, un curé pas très conformiste et le professeur Provolone, un érudit qui affirme savoir où se trouve l’entrée des enfers. Si par moment les situations sont quelque peu absurdes et les personnages excessifs voire caricaturaux, j’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre. Il est intrigant. Un suspens bien mené, je ne pensais pas me retrouver en enfer au milieu d’âmes perdues, bien joué ! La seule chose que je n’ai pas compris est pourquoi Pippo, un enfant innocent, se retrouve coincé en enfer. Mais c’est ça aussi le roman, on peut créer des situations a priori impensables quand on a du talent. Et là, c’est le cas. Je n’en dirai pas plus sinon je serais obligée d’en dévoiler un peu trop. Et il me semble que pour apprécier ce livre il ne faut pas trop en savoir à l’avance.

La Porte des Enfers de Laurent Gaudé aux éditions Actes Sud, 2008. 266 pages.

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Terra Australis de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloud

terra-australis4ème de couv. : Il y a un peu plus de 220 ans, environ 1 500 hommes et femmes ont été déportés, entassés à bord de 11 navires, parcourant plus de 24 000 km sur trois océans. Ils étaient des bagnards, des forçats, des condamnés… le rebut de l’’Angleterre ! On les a envoyés à l’’autre bout du monde, dans un pays qui n’’existait pas encore. Aller sans retour vers l’’enfer ou chance inespérée d’’une nouvelle vie ?

Ce roman graphique en noir et blanc, scindé en trois parties, est un véritable voyage maritime au cœur du 18ème siècle.
A travers l’histoire de plusieurs personnages (officiers anglais, esclaves, aborigènes) qui s’affrontent, se découvrent, s’apprivoisent, cette bande dessinée raconte la naissance d’un pays : l’Australie.

Ces 500 pages magnifiquement dessinées racontent sans tabou et sans non dit le voyage difficile de ces centaines de personnes qui vont construire l’Australie. J’ai été bluffée par cette bande dessinée et j’ai apprécié le parti pris des auteurs qui a été, justement, de ne prendre parti pour aucun groupe (officiers anglais, esclaves, aborigènes). Ils ont essayé de conter une aventure humaine sans aucun stéréotype et autres idées reçues et, à mon sens, ils ont réussi. Il n’y a pas d’un côté les méchants et de l’autre les gentils mais un choc des cultures inévitable dans un monde où tout reste encore à découvrir.

Terra Australis de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloud aux éditions Glénat, 2013

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